| Photo JCC - ABC |
Mon dit des trois sœurs des montagnes bleuesDans le lointain continent Australien, au sein des Montagnes bleues, en Nouvelle Galles du Sud, entre les eaux et les falaises, je me suis laissé dire que, comme un peu partout dans le monde, les légendes se tissaient avec l’Esprit du Rêve, lequel, je vous le dis en toute confidence, m’accompagne fidèlement depuis toujours. Il n’en fallait pas plus pour que je m’invite à mon tour au voyage, un battement de cil, un battement de cœur, et j’y suis.Là bas, les larmes et le sang transparent des pierres, gardiennes de la mémoire, traversent les siècles des Hommes au travers de denses et humides forêts d’eucalyptus où s’ébattent l’intelligent et bruyant cacatoès et l’oiseau lyre au répertoire infini d’imitations en tous genre. Il n’imitera pas le bruit de la tronçonneuse en ce jour, juste les cris et les murmures des eaux, le chant des brumes, la danse des cascades au travers de forêts où les esprits du Temps du Rêve œuvrent encore au travers de la moindre goutte de pluie, du moindre souffle de vent. Une forêt vivante, captivante, parfois inquiétante.Une légende raconte - mais qu’en est-il vraiment lorsque l’on connaît le pouvoir d’improvisation des conteurs ? - qu’au temps des premiers temps, trois sœurs d’une tribu s’éprirent d’amour pour trois jeunes d’une tribu adverse. Hélas, en ce temps là, une telle mésalliance était interdite. Un inévitable conflit éclata entre les tribus. Afin d’éviter que les trois sœurs ne soient enlevées par leurs amoureux, et à dessein de les protéger, un vieux sage versé dans la magie les transforma en rochers, le temps nécessaire pour lui d’apaiser les esprits. Mais un soir, après de longs jours de conciliabules, débouchant enfin sur un accord de paix, le vieux sage épuisé mourut avant que d’avoir pu inverser le sort. Les trois sœurs répondant aux noms aborigènes de Meehni, Wimlah et Gunnedoo, de cela nous sommes certains, demeurèrent à jamais rochers.Baignés d’une étrange brume bleutée émanant des essences d’eucalyptus qui leur confèrent un troublant côté mystique, ces rochers ont une grande importance spirituelle pour le peuple aborigène qui conserve le respect et l’oreille de la Terre ancestrale.Depuis lors, les trois sœurs dominent le paysage. Et leurs larmes et leur sang s’écoulent au travers des canyons, en chutes rugissantes de désespoir ou en bassins nostalgiques d’où s’élèvent les plaintes de celles qui un jour furent privées de vie humaine pour avoir trop aimé, pour avoir transgressé la loi implacable de leurs pairs.BrumeVoile magique entre mortels et peuples des mondes invisiblesLande protectrice entre esprits malveillants et Nature.La terre, la pierre, la flore, la faune conservent la mémoire des temps. Les racines intemporelles du monde s’enfoncent toujours plus profond dans l’ombre pour nous rappeler que la vie est comme ces cascades, ces brumes et ces murmures qui montent vers le ciel pour s’y teinter de bleu. Le bleu léger du parfum des eucalyptus, la vibration éthérée du souffle murmurant à l’oreille de notre cœur que nous sommes des êtres spirituels venus expérimenter la Terre pour en être transformés.
un chemin de pierresruisseau de sang et de larmesl’âme se révèledans le chant sacré des eauxun rappel d’éternité.
💙 💙 💙
Merci Adamante, la page du jour, ici ou là est comme à son habitude, un super moment lecture, bravo, amitiés, jill
RépondreSupprimerMerci J.B. pour ici... et là-bas ;-)
SupprimerBonjour Adamante,
RépondreSupprimerLa belle photo proposée a ,,une fois de plus, superbement inspiré tous les brins. Et ta page est magnifique! J'ai beaucoup aimé.
Découvrir vos inspirations à toutes est un vrai plaisir. Merci
Bien amicalement
Martine
Un conte qui nous reporte au début d un monde de forêts de pierres et d eau...
RépondreSupprimerMerci pour la magie qui émane de cette image
Je suis heureuse de ton commentaire par lequel je vois que tu m'as accompagnée sur ma route de l'imaginaire.
SupprimerUne belle expérience sportive et magique pour mon fils, intéressante et riche pour l'Herbier. Je vois que la dernière photo n'est probablement pas étrangère à ton récit. Tu as eu le privilège de la primauté et tu as fait corps avec les lieux, merci !
RépondreSupprimerCe qui a été surtout décisif, et je me suis rendu compte après seulement que j'en étais favorisée, c'est de savoir où avait été prise la photo (les photos). J'ai voyagé dans la géographie pour en savoir plus et j'ai été captivée. Un pays que je rêve de découvrir depuis des années.
Supprimerpeut-être l’amour
RépondreSupprimersans chemin chez les hommes
habite le paysage
Sans doute que du fond du cœur où palpite l'amour partent les chemins qui peuvent aider les hommes à traverser leur vie sur la terre.
SupprimerChère Adamante,
RépondreSupprimerTon récit est un voyage immense.
Tu nous transportes avec une grâce infinie dans ce "Temps du Rêve" où la pierre conserve la mémoire du sang et des larmes.
J'ai été particulièrement touchée par l'évocation des trois sœurs et cette idée que nous sommes des êtres spirituels venus expérimenter la Terre.
C'est une magnifique leçon d'éternité qui éclaire magnifiquement ce canyon.
Merci pour ce souffle sacré.
Amitiés, Marie Sylvie
Tristesse inconsolable de ces amours punis parce que mésalliance où leur désespoir fera pourtant vibrer la pierre pour l'éternité.
RépondreSupprimerJ'aime beaucoup ce conte né de cette si belle image.
La terre est un endroit d'expérimentation pour les âmes. C'est pourquoi nous devons la respecter. Elle ne nous appartient pas. C'est un lieu d'accueil , d'apprentissage te d'évolution.
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