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03/03/2026

Quand le temps est à la brume

 


Donsimoni Adamante -Quand le temps est à la brume - 

Que le papier vient à manquer sauf une liste de courses

code ISWC T-330.195.260.9











tomates

courgettes


Plus de ciel

plus d’horizon

tout ce qui se dresse

laid ou beau

a disparu dans le brouillard


carottes

pistaches


Aurai-je besoin, demain, d’un stylo, d’un clavier

pour prendre note de ce que je vois et ressens ?

ou au nom de la perfection binaire

disparaitrai-je moi aussi dans la brume -

mon cerveau devenu inutile

remplacé par quelques Zéros

quelques Uns algorithmiques ?


cerfeuil

salade


Ne suis-je pas déjà humaine en désuétude ?

Me faut-il dire adieu au cercle dont

il est toujours possible de s’échapper ?

Dois-je ignorer l’orbe et le rayonnement,

céder la place à la magnificence du calcul,

à la merveille de l’I.A. ?


baies de goji

sésame


À bien y réfléchir –tant qu’il est encore temps-

ceci ne participe pas de l’évolution existentielle

de cette expérimentation chaotique qui mène

à la transformation, à la compréhension.

Ceci est simplement un formidable progrès du

monde matériel.

La véritable évolution me semble être

du domaine de l’âme,

du savoir inné de l’essentiel qui me dit : 


« Tu es du temps qui n’existe pas,

un minuscule éclat d’un tout sans début ni fin

sur cette Terre en quête d’amour. »


gougères

champagne…


Persistance de la brume

Aurait-elle décidé de tout faire disparaître ?



Adamante Donsimoni – 20 janvier 2025


 



02/03/2026

La femme au bonsaï

 



La femme au bonsaï



    Je la vis agenouillée devant un arbre miniature, comme en adoration. Je sais combien de patience il faut pour contraindre un arbre au nanisme, combien de soins, de précision pour couper ses racines et éviter sa mort. Cela confine au grand art ! C’est bien là la prétention humaine, tout formater, tout maîtriser, imposer, obliger, réduire.

    Se tenir à genoux devant sa création n’exprime pas l’humilité. Dans ce tableau, tracé à l’encre du défi, c’est l’ombre de la vanité que j’ai vue s’inscrire sur le rideau du ciel, tout en haut de la montagne d’où s’élevaient d’inquiétants nuages noirs.

    L’artiste en pensant sublimer, pris au piège de son utopie, serait-il toujours celui qui contraint la matière au nom de son imagination fertile ?

    Non loin de la femme, tout en s’éloignant, un oiseau, voyageur de l’immensité, la regardait. Il semblait se moquer. Peut-être fuyait-il, et pressé lui abandonnait une plume. Piètre vengeance d’un volatile pour la mise en esclavage de la nature car il se pourrait bien qu’il lui laissa ainsi, à dessein, la frustration de ne pas l’avoir mis en cage.

    Comme il semble lourd celui qui n’a pas d’ailes à celui qui connaît les ivresses du ciel.

    L’oiseau, la femme au bonsaï, avec le vent du froid, en haut de cette montagne à n’en plus finir, je contemplais la solitude des âmes.


miracle illusoire
sous la main enchanteresse -
l’ombre d’un éclair

 

Adamante Donsimoni - Le 28 février 2026 

  


23/02/2026

Inondation - Banc dans la boue

 Inondation - Banc dans la boue - Adamante Donsimoni -ISWCV T-703.217.340.5


 

Un banc dans la boue
le regard s’y repose
en contemplation

l’esprit s’apaise et vogue
sur les rives inondées

Partout, la force des eaux impose son silence.
Le flot emporte biens et meubles, efface toute certitude, réduit à néant l’idée de la sécurité si chère aux Hommes, et leurs larmes stériles gonflent le courant indifférent au désarroi.
Les arbres se reflètent en ce miroir trouble où les herbes se font algues. Dans la nature tout s’adapte. C’est comme si l’éternité enracinait le temps pris au piège des métamorphoses

demain la décrue
la boue offerte au soleil
la renaissance.

 

Adamante Donsimoni

 

18/02/2026

Partition blanche

Partition blanche - Adamante Donsimoni - ISWC  T-301.587.201.8

 

Sur une image de Franz Marc, né le 8 février 1880 à Munich et mort le 4 mars 1916 à Braquis (Meuse), près de Verdun, touché par un éclat d'obus. 

 

             Maudite soit la guerre ! 

 


Il dort
Il se confond à l’herbe
Au soleil
Il dort
Il rêve

La Terre semble bercer ses désirs
De chevauchées débridées
En joie et couleurs
La paix arc-en-ciel
Irradie de ces paysages
Ensemencés de vie

Il rêve
D’un autre comme lui
Qui le rejoindrait
Ils s’enuageraient
Dans la tendresse

La brise leur murmurerait
À l’oreille
Leurs envies de galop
Leur soif de hennir
Jusqu’à l’infini du ciel
Leurs crinières flottant
Jusqu’au bord de la lumière
Il seraient ivres de liberté

Il dort

De L’autre côté de son monde
Un peintre l’observe
Il rêve
Il s’identifie à son œuvre
Il est cheval
Assoupi
Dans une apothéose mystique
Rêveur rêvé
Engendré par le rêve
Il est l’hôte tant espéré
Du rêve de son œuvre

Quelques lignes se déforment
Prémices d’angles interrompant la courbe
La forme s’enfuit
Il faut sortir du cadre
Les pigments explosent
Irradient la toile
Les dimensions s’imbriquent
Formes inextricables
Condamnées à l’étranglement.

S’évader !
Hennir
Hurler
Ne plus entendre ces grondements
Annonciateurs des ténèbres
L’éclat
Il faut l’éclat !

Mais c’est un autre éclat
Bientôt
La main vaincue
Déposera la brosse
Ce sera
Le grand silence
Du sang versé
Et là
Couché
Toujours rêvant
Le petit cheval
Continuera de s’ensonger
Dans la lumière
Douce comme un regard
D’enfant émerveillé
Mais soudain tout change
Je le découvre
Couché sur le flanc
Dormant d’un tout autre sommeil

Est-ce les grondements
Que je crois percevoir
Qui troublent ma vision ?
Je crains le Da capo
De cette partition infernale
Interprétée
Jusqu’à l’écœurement
Depuis l’aube des temps.

Dehors le vent souffle
Mon rêve
Le rêve de Franz Marc
Ou celui de son petit cheval
Allongé sur le flanc ?

Il dort et se confond à l’herbe…
Mon cœur ouvert s’incline
Partition blanche.

Adamante Donsimoni ©


 

16/02/2026

Le cavalier rose

 

 « Esquisse pour Le Cavalier » Gouache, encre et tissus imprimés peints sur papier Marc Chagall-
Photo adamante prise à Beaubourg.


Le cavalier rose



    Il chemine dans la ville son bouquet à la main. Sa monture aux grands yeux bleus, attirée par le parfum envoûtant des fleurs, semble vouloir goûter au succulent repas que le fringant écuyer protège de son mieux.

    Un bouquet pour l’amour, pas du foin pour un cheval !

    Avec qui a-t-il rendez-vous ? Avec la Belle Calendula que l’on aperçoit, alanguie au travers d’une fenêtre de son esprit, là sous la patte du destrier torturé par le désir ? Elle tourne pudiquement la tête, mais sa poitrine, sans retenue ni provocation, s’offre à son souvenir. L’amour se fait rose quand l’espoir se fait vert et que la nuit enveloppe la ville de son manteau de songes colorés.

    Cavalier rose pour rêve bleu sous un croissant de lune prometteur. Prend garde chevalier servant, l’amour est un diamant qui tranche et illumine.

    Un homme et une femme plus âgés, situés de chaque côté de la rue, un couple ? l’observent. Plus d’impatience, plus de regards brûlants, plus de galops dans leurs poitrines. La fougue s’érode au contact des ans. Happés par leurs souvenirs au passage de cet amant fébrile, se revoient-ils avant ? Vivent-ils la nostalgie de leur jeunesse ?

    Dans bien des carcasses vieillissantes bat toujours un cœur de vingt ans, et l’enfant qui n’est jamais loin se demande ce qui lui est arrivé face au mensonge du miroir. L’âme n’a aucun pli mais elle reste invisible.

un simple bouquet

un cœur qui bat la chamade-

l’éternel chemin.



Adamante Donsimoni - 12 février 202 - le cavalier rose Code œuvre :  430718 


D’après « Esquisse pour Le Cavalier » Gouache, encre et tissus imprimés peints sur papier Marc Chagall- Photo adamante prise à Beaubourg.



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05/02/2026

CES PETITS RIENS

Adamante Donsimoni
Ces petits riens


dessin adamante

        
        Le soir m’emplit d’une joie pure et fraîche, comme est frais le vent de novembre dans les branches nues des arbres.
         Pas un seul nuage ne s’accroche à leurs doigts tordus d’appels impuissants vers une hypothétique divinité, plus sourde que la mauvaise foi.
        L’horizon scintille. Je vis la fascination du jour finissant, j’ai tout oublié.
        Voici que je bois l’immensité dans un verre de cristal, je deviens ivre de lumière. Tout près de moi, mon chat fait sa toilette. Drapé dans son inaltérable dignité, il se lèche ses zones les plus intimes puis, d’un bond, disparaît dans l’ombre, me laissant seule mon verre de ciel à la main, les lèvres frémissantes. 
        Bien avant que de m’endormir, j’entends les premières paroles de la nuit. Elles glissent lentement sur les murs de ma chambre où des ombres hypnotiques s’allongent et m’emportent dans leur monde caché.
        Il n’est rien de plus profond que ces instants sans gloire d’un quotidien offrant à l’humanité de contempler ses basculements. Il n’y a là rien que de petits riens, en apparence, car ce sont ces riens qui tissent le mystère et nourrissent nos aspirations à être.


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