



| Le destrier magique. |
Le destrier magique
Feuilles craquantes, mousses et épineux accompagnent ma marche solitaire au travers des bois. Ils glissent doucement, m’entraînent jusqu’au bord de l’eau. L’humidité qui accompagne chacun de mes pas m’offre ses troublantes effluves, parfum d’humus et de champignons.Comme il est vivant ce sentiment presque animal d’appartenir à la Terre ! Tout en moi m’annonce l’imminence de la rivière.J’avance. Le chant d’une chute d’eau s’élève à mon approche, la révèle. Comme il est doux ce murmure qui enfle et m’appelle. Cette voix est celle de la vie, un éclat de cristal lumineux, une nourriture de l’âme, le rappel de temps immémoriaux gravés dans les mémoires humaines.Au pied de la chute, un cheval d’écume m’apparait, il repose, il semble dormir. Est-ce Pégase goûtant la détente à la source qu’il vient de révéler par la frappe de son sabot ?
Est-il le cheval d’eau de la tradition chinoise qui, mêlant fouge et sagesse, guide les âmes par-delà le fleuve des morts ? Le cheval blanc qui les emporte vers le Divin en son bouillonnement sacré ?Cheval blanc ou licorne ? Né des profondeurs de la roche ces éclats d’eau chevauchés de soleil évoquent le destrier magique qui, en s’ébrouant dans le courant, ensemence les rêves et tisse les légendes.
chute enchanteresseen son changement perpétuelle lâcher prise
©Donsimoni Adamante
Le 27 avril 2026 Musicstart/sacem
| Photo JCC - ABC |
Mon dit des trois sœurs des montagnes bleuesDans le lointain continent Australien, au sein des Montagnes bleues, en Nouvelle Galles du Sud, entre les eaux et les falaises, je me suis laissé dire que, comme un peu partout dans le monde, les légendes se tissaient avec l’Esprit du Rêve, lequel, je vous le dis en toute confidence, m’accompagne fidèlement depuis toujours. Il n’en fallait pas plus pour que je m’invite à mon tour au voyage, un battement de cil, un battement de cœur, et j’y suis.Là bas, les larmes et le sang transparent des pierres, gardiennes de la mémoire, traversent les siècles des Hommes au travers de denses et humides forêts d’eucalyptus où s’ébattent l’intelligent et bruyant cacatoès et l’oiseau lyre au répertoire infini d’imitations en tous genre. Il n’imitera pas le bruit de la tronçonneuse en ce jour, juste les cris et les murmures des eaux, le chant des brumes, la danse des cascades au travers de forêts où les esprits du Temps du Rêve œuvrent encore au travers de la moindre goutte de pluie, du moindre souffle de vent. Une forêt vivante, captivante, parfois inquiétante.Une légende raconte - mais qu’en est-il vraiment lorsque l’on connaît le pouvoir d’improvisation des conteurs ? - qu’au temps des premiers temps, trois sœurs d’une tribu s’éprirent d’amour pour trois jeunes d’une tribu adverse. Hélas, en ce temps là, une telle mésalliance était interdite. Un inévitable conflit éclata entre les tribus. Afin d’éviter que les trois sœurs ne soient enlevées par leurs amoureux, et à dessein de les protéger, un vieux sage versé dans la magie les transforma en rochers, le temps nécessaire pour lui d’apaiser les esprits. Mais un soir, après de longs jours de conciliabules, débouchant enfin sur un accord de paix, le vieux sage épuisé mourut avant que d’avoir pu inverser le sort. Les trois sœurs répondant aux noms aborigènes de Meehni, Wimlah et Gunnedoo, de cela nous sommes certains, demeurèrent à jamais rochers.Baignés d’une étrange brume bleutée émanant des essences d’eucalyptus qui leur confèrent un troublant côté mystique, ces rochers ont une grande importance spirituelle pour le peuple aborigène qui conserve le respect et l’oreille de la Terre ancestrale.Depuis lors, les trois sœurs dominent le paysage. Et leurs larmes et leur sang s’écoulent au travers des canyons, en chutes rugissantes de désespoir ou en bassins nostalgiques d’où s’élèvent les plaintes de celles qui un jour furent privées de vie humaine pour avoir trop aimé, pour avoir transgressé la loi implacable de leurs pairs.BrumeVoile magique entre mortels et peuples des mondes invisiblesLande protectrice entre esprits malveillants et Nature.La terre, la pierre, la flore, la faune conservent la mémoire des temps. Les racines intemporelles du monde s’enfoncent toujours plus profond dans l’ombre pour nous rappeler que la vie est comme ces cascades, ces brumes et ces murmures qui montent vers le ciel pour s’y teinter de bleu. Le bleu léger du parfum des eucalyptus, la vibration éthérée du souffle murmurant à l’oreille de notre cœur que nous sommes des êtres spirituels venus expérimenter la Terre pour en être transformés.
un chemin de pierresruisseau de sang et de larmesl’âme se révèledans le chant sacré des eauxun rappel d’éternité.
💙 💙 💙
| Photo ABC |
Trois p’tits cœurs et puis j’m’en viens
J’ai quitté le cœur de la forêt. Une longue marche dans la neige parmi ces innombrables troncs dressés vers le ciel bas.
Le corps docile, l’esprit empli d’oubli, le pas instinctif, dans une dimension qui n’est plus de la Terre, j’ai oublié le temps. Étrange sensation que celle de la répétition des pas, des troncs s’étirant jusqu’à l’infini de l’absence à soi-même.
Machine bien rodée que le corps.
L’image d’un chalet solitaire vient brutalement déchirer cette anesthésie des sens. Aussitôt une intense fatigue m’envahit, tout en moi n’aspire plus désormais qu’au repos.
Du mur en torchis m’arrive une impression bois, une vibration duramen, comme un clin d’œil de chaleur - une invitation.
j’arrive !
je pressens l’accueil
je rêve de feu - d’une boisson chaude
L’enseigne se révèle enfin au travers des flocons qui viennent de s’inviter tandis que le vent se met à hurler. Trois petits cœurs de bois se racontent. Vibration d’harmonie à l’oreille de mon cœur, équilibre parfait au chœur de la tempête qui s’éveille.
sagesse du boisperfection de la résilience-maturité
Donsimoni Adamante - 21 mars 2026 - © Musicstart
| Adamante - huile sur papier 21/30 |
Il était descendu de mon calendrier. Pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? J’avais l’embarras du choix, et quand on parle d’embarras… Il y avait là tout plein de fesses rebondies soutenant leurs serpents de la kundalini dressés jusqu’à des épaules solides, et j’imagine même jusqu’au septième ciel de la spiritualité.Qui ne ressentirait pas du vertige devant une telle vision, susceptible de vous inoculer le virus de la main baladeuse, en vous faisant frémir de honte à une telle pensée, perverse selon Monsieur le Curé. « Cachez ce sein que je ne saurais voir... » dit-on, main devant les yeux, doigts légèrement écartés. Ah ! La honte quand elle se lie à la gourmandise.Mais je m’égare.Celui-là, tombé du calendrier, je l’ai recueilli sans arrière pensée, juste parce qu’il n’est pas poli, ni aimable, de ne pas porter secours à celui qui en a besoin. Question d’éducation, question de sensibilité. Il ne faut pas céder à l’indifférence, c’est mal.Et question de gourmandise ? Comment laisser au sol une pomme bien mûre condamnée à être dévorée par un troupeau de guêpes avides, si l’on ne se penche pas pour la ramasser alors que son parfum teinté de cannelle réveille vos papilles et que vous ressentez le désir de la croquer ? Ah, la succulence ! Péché mortel sans doute !
s’il nous faut mourirpourquoi donc mourir d’ennui -le goût de la Terre
Sur le plan symbolique, mais y en a-t-il un ? Toucher, ne serait-ce qu’avec les yeux, cet idéal rebondi, ne peut être comparé au fait de toucher le pompon du béret d’un marin ou le ventre rebondi d’un bouddha pour se porter chance ; pas plus que de passer son doigt sur une boule de cristal toute lisse pour révéler une image et pénétrer le côté occulte de la vie. Non ! là ce doit être autre chose, l’image, déjà révélée, ne peut être symbole de chance. Affirmation toutefois discutable, comme le dit un proverbe chinois, car : « tout dépend du point de vue où l’on se place et de l’idée que l’on s’en fait. »N’était-ce qu’un rêve ? Mais un rêve cela révèle. Freud en aurait rougi et Dieu seul sait ce qu’il aurait pu en dire, mais il faut être raisonnable, toutes ces interprétations n’ont aucun intérêt.Si la symbolique nous échappe doit-on pour autant fermer les yeux et passer son chemin ?
une fesse rebondie
comme une pomme d’amour -
délire mystique
Adamante - 7 mars 2026
Donsimoni Adamante - Vivre libre - ISWC T-702.489.550.1
🌟 🌟 🌟
Je ne veux que le vent
L’espace
La Terre sous mes pas
La nuit
Noire
Sans plainte
Sans soupir
Loin des projecteurs
Loin des caméras
Aux antipodes
De l’espionnage préventif
J’ai besoin d’infini
Sans protection
Sans tutelle sociale
Loin
Très loin
De l’infantilisation étatique
Je veux boire à la liberté
M’enivrer de l’air
Vivre tous mes âges
En conscience
En responsabilité
Avec le droit absolu
Inaliénable
De risquer ma vie
D’embrasser ma mort
Au hasard de mon aventure
Car ce rendez-vous
EST
D’une importance capitale
J’affirme ma volonté d’être
Et de suivre mon chemin
Libre
Libre
Libre.
🌟 🌟 🌟
Donsimoni Adamante -Quand le temps est à la brume -
Que le papier vient à manquer sauf une liste de courses
code ISWC T-330.195.260.9
tomates
courgettes
Plus de ciel
plus d’horizon
tout ce qui se dresse
laid ou beau
a disparu dans le brouillard
carottes
pistaches
Aurai-je besoin, demain, d’un stylo, d’un clavier
pour prendre note de ce que je vois et ressens ?
ou au nom de la perfection binaire
disparaitrai-je moi aussi dans la brume -
mon cerveau devenu inutile
remplacé par quelques Zéros
quelques Uns algorithmiques ?
cerfeuil
salade
Ne suis-je pas déjà humaine en désuétude ?
Me faut-il dire adieu au cercle dont
il est toujours possible de s’échapper ?
Dois-je ignorer l’orbe et le rayonnement,
céder la place à la magnificence du calcul,
à la merveille de l’I.A. ?
baies de goji
sésame
À bien y réfléchir –tant qu’il est encore temps-
ceci ne participe pas de l’évolution existentielle
de cette expérimentation chaotique qui mène
à la transformation, à la compréhension.
Ceci est simplement un formidable progrès du
monde matériel.
La véritable évolution me semble être
du domaine de l’âme,
du savoir inné de l’essentiel qui me dit :
« Tu es du temps qui n’existe pas,
un minuscule éclat d’un tout sans début ni fin
sur cette Terre en quête d’amour. »
gougères
champagne…
Persistance de la brume
Aurait-elle décidé de tout faire disparaître ?
Adamante Donsimoni – 20 janvier 2025
La femme au bonsaï
Je la vis agenouillée devant un arbre miniature, comme en adoration. Je sais combien de patience il faut pour contraindre un arbre au nanisme, combien de soins, de précision pour couper ses racines et éviter sa mort. Cela confine au grand art ! C’est bien là la prétention humaine, tout formater, tout maîtriser, imposer, obliger, réduire.Se tenir à genoux devant sa création n’exprime pas l’humilité. Dans ce tableau, tracé à l’encre du défi, c’est l’ombre de la vanité que j’ai vue s’inscrire sur le rideau du ciel, tout en haut de la montagne d’où s’élevaient d’inquiétants nuages noirs.L’artiste en pensant sublimer, pris au piège de son utopie, serait-il toujours celui qui contraint la matière au nom de son imagination fertile ?Non loin de la femme, tout en s’éloignant, un oiseau, voyageur de l’immensité, la regardait. Il semblait se moquer. Peut-être fuyait-il, et pressé lui abandonnait une plume. Piètre vengeance d’un volatile pour la mise en esclavage de la nature car il se pourrait bien qu’il lui laissa ainsi, à dessein, la frustration de ne pas l’avoir mis en cage.Comme il semble lourd celui qui n’a pas d’ailes à celui qui connaît les ivresses du ciel.L’oiseau, la femme au bonsaï, avec le vent du froid, en haut de cette montagne à n’en plus finir, je contemplais la solitude des âmes.
miracle illusoiresous la main enchanteresse -l’ombre d’un éclair
Adamante Donsimoni - Le 28 février 2026
Inondation - Banc dans la boue - Adamante Donsimoni -ISWCV T-703.217.340.5
Un banc dans la bouele regard s’y reposeen contemplationl’esprit s’apaise et voguesur les rives inondéesPartout, la force des eaux impose son silence.
Le flot emporte biens et meubles, efface toute certitude, réduit à néant l’idée de la sécurité si chère aux Hommes, et leurs larmes stériles gonflent le courant indifférent au désarroi.Les arbres se reflètent en ce miroir trouble où les herbes se font algues. Dans la nature tout s’adapte. C’est comme si l’éternité enracinait le temps pris au piège des métamorphosesdemain la décruela boue offerte au soleilla renaissance.
Adamante Donsimoni
Partition blanche - Adamante Donsimoni - ISWC T-301.587.201.8
Sur une image de Franz Marc, né le 8 février 1880 à Munich et mort le 4 mars 1916 à Braquis (Meuse), près de Verdun, touché par un éclat d'obus.
Maudite soit la guerre !
Il dort
Il se confond à l’herbe
Au soleil
Il dort
Il rêve
La Terre semble bercer ses désirs
De chevauchées débridées
En joie et couleurs
La paix arc-en-ciel
Irradie de ces paysages
Ensemencés de vie
Il rêve
D’un autre comme lui
Qui le rejoindrait
Ils s’enuageraient
Dans la tendresse
La brise leur murmurerait
À l’oreille
Leurs envies de galop
Leur soif de hennir
Jusqu’à l’infini du ciel
Leurs crinières flottant
Jusqu’au bord de la lumière
Il seraient ivres de liberté
Il dort
De L’autre côté de son monde
Un peintre l’observe
Il rêve
Il s’identifie à son œuvre
Il est cheval
Assoupi
Dans une apothéose mystique
Rêveur rêvé
Engendré par le rêve
Il est l’hôte tant espéré
Du rêve de son œuvre
Quelques lignes se déforment
Prémices d’angles interrompant la courbe
La forme s’enfuit
Il faut sortir du cadre
Les pigments explosent
Irradient la toile
Les dimensions s’imbriquent
Formes inextricables
Condamnées à l’étranglement.
S’évader !
Hennir
Hurler
Ne plus entendre ces grondements
Annonciateurs des ténèbres
L’éclat
Il faut l’éclat !
Mais c’est un autre éclat
Bientôt
La main vaincue
Déposera la brosse
Ce sera
Le grand silence
Du sang versé
Et là
Couché
Toujours rêvant
Le petit cheval
Continuera de s’ensonger
Dans la lumière
Douce comme un regard
D’enfant émerveillé
Mais soudain tout change
Je le découvre
Couché sur le flanc
Dormant d’un tout autre sommeil
Est-ce les grondements
Que je crois percevoir
Qui troublent ma vision ?
Je crains le Da capo
De cette partition infernale
Interprétée
Jusqu’à l’écœurement
Depuis l’aube des temps.
Dehors le vent souffle
Mon rêve
Le rêve de Franz Marc
Ou celui de son petit cheval
Allongé sur le flanc ?
Il dort et se confond à l’herbe…
Mon cœur ouvert s’incline
Partition blanche.
Adamante Donsimoni ©