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30/03/2026

Trois p’tits cœurs et puis j’m’en viens

 

Photo ABC


Trois p’tits cœurs et puis j’m’en viens


    J’ai quitté le cœur de la forêt. Une longue marche dans la neige parmi ces innombrables troncs dressés vers le ciel bas.

    Le corps docile, l’esprit empli d’oubli, le pas instinctif, dans une dimension qui n’est plus de la Terre, j’ai oublié le temps. Étrange sensation que celle de la répétition des pas, des troncs s’étirant jusqu’à l’infini de l’absence à soi-même.

    Machine bien rodée que le corps.

    L’image d’un chalet solitaire vient brutalement déchirer cette anesthésie des sens. Aussitôt une intense fatigue m’envahit, tout en moi n’aspire plus désormais qu’au repos.

    Du mur en torchis m’arrive une impression bois, une vibration duramen, comme un clin d’œil de chaleur - une invitation.    

        j’arrive !
        je pressens l’accueil
        je rêve de feu - d’une boisson chaude

L’enseigne se révèle enfin au travers des flocons qui viennent de s’inviter tandis que le vent se met à hurler. Trois petits cœurs de bois se racontent. Vibration d’harmonie à l’oreille de mon cœur, équilibre parfait au chœur de la tempête qui s’éveille.

sagesse du bois
perfection de la résilience-
maturité


Donsimoni Adamante - 21 mars 2026 - © Musicstart

 

L'HERBIER DE POÉSIES


16/03/2026

Il était descendu de mon calendrier

 

Adamante - huile sur papier 21/30




    Il était descendu de mon calendrier. Pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? J’avais l’embarras du choix, et quand on parle d’embarras… Il y avait là tout plein de fesses rebondies soutenant leurs serpents de la kundalini dressés jusqu’à des épaules solides, et j’imagine même jusqu’au septième ciel de la spiritualité.

    Qui ne ressentirait pas du vertige devant une telle vision, susceptible de vous inoculer le virus de la main baladeuse, en vous faisant frémir de honte à une telle pensée, perverse selon Monsieur le Curé. « Cachez ce sein que je ne saurais voir... » dit-on, main devant les yeux, doigts légèrement écartés. Ah ! La honte quand elle se lie à la gourmandise.

    Mais je m’égare.

    Celui-là, tombé du calendrier, je l’ai recueilli sans arrière pensée, juste parce qu’il n’est pas poli, ni aimable, de ne pas porter secours à celui qui en a besoin. Question d’éducation, question de sensibilité. Il ne faut pas céder à l’indifférence, c’est mal.

    Et question de gourmandise ? Comment laisser au sol une pomme bien mûre condamnée à être dévorée par un troupeau de guêpes avides, si l’on ne se penche pas pour la ramasser alors que son parfum teinté de cannelle réveille vos papilles et que vous ressentez le désir de la croquer ? Ah, la succulence ! Péché mortel sans doute !

 

s’il nous faut mourir
pourquoi donc mourir d’ennui -
le goût de la Terre


    Sur le plan symbolique, mais y en a-t-il un ? Toucher, ne serait-ce qu’avec les yeux, cet idéal rebondi, ne peut être comparé au fait de toucher le pompon du béret d’un marin ou le ventre rebondi d’un bouddha pour se porter chance ; pas plus que de passer son doigt sur une boule de cristal toute lisse pour révéler une image et pénétrer le côté occulte de la vie. Non ! là ce doit être autre chose, l’image, déjà révélée, ne peut être symbole de chance. Affirmation toutefois discutable, comme le dit un proverbe chinois, car : « tout dépend du point de vue où l’on se place et de l’idée que l’on s’en fait. »

    N’était-ce qu’un rêve ? Mais un rêve cela révèle. Freud en aurait rougi et Dieu seul sait ce qu’il aurait pu en dire, mais il faut être raisonnable, toutes ces interprétations n’ont aucun intérêt.

    Si la symbolique nous échappe doit-on pour autant fermer les yeux et passer son chemin ?


une fesse rebondie
comme une pomme d’amour -
délire mystique


Adamante - 7 mars 2026



D'autres textes dans L'Herbier de poésies 

10/03/2026

Vivre libre

 Donsimoni Adamante - Vivre libre - ISWC  T-702.489.550.1

                                                       

                              🌟   🌟   🌟 

 

Je ne veux que le vent
L’espace
La Terre sous mes pas
La nuit
Noire
Sans plainte
Sans soupir
Loin des projecteurs
Loin des caméras
Aux antipodes
De l’espionnage préventif
J’ai besoin d’infini
Sans protection
Sans tutelle sociale
Loin
Très loin
De l’infantilisation étatique
Je veux boire à la liberté
M’enivrer de l’air
Vivre tous mes âges
En conscience
En responsabilité
Avec le droit absolu
Inaliénable
De risquer ma vie
D’embrasser ma mort
Au hasard de mon aventure
Car ce rendez-vous

EST

D’une importance capitale
J’affirme ma volonté d’être
Et de suivre mon chemin

Libre

Libre

Libre.


🌟   🌟   🌟

 



03/03/2026

Quand le temps est à la brume

 


Donsimoni Adamante -Quand le temps est à la brume - 

Que le papier vient à manquer sauf une liste de courses

code ISWC T-330.195.260.9











tomates

courgettes


Plus de ciel

plus d’horizon

tout ce qui se dresse

laid ou beau

a disparu dans le brouillard


carottes

pistaches


Aurai-je besoin, demain, d’un stylo, d’un clavier

pour prendre note de ce que je vois et ressens ?

ou au nom de la perfection binaire

disparaitrai-je moi aussi dans la brume -

mon cerveau devenu inutile

remplacé par quelques Zéros

quelques Uns algorithmiques ?


cerfeuil

salade


Ne suis-je pas déjà humaine en désuétude ?

Me faut-il dire adieu au cercle dont

il est toujours possible de s’échapper ?

Dois-je ignorer l’orbe et le rayonnement,

céder la place à la magnificence du calcul,

à la merveille de l’I.A. ?


baies de goji

sésame


À bien y réfléchir –tant qu’il est encore temps-

ceci ne participe pas de l’évolution existentielle

de cette expérimentation chaotique qui mène

à la transformation, à la compréhension.

Ceci est simplement un formidable progrès du

monde matériel.

La véritable évolution me semble être

du domaine de l’âme,

du savoir inné de l’essentiel qui me dit : 


« Tu es du temps qui n’existe pas,

un minuscule éclat d’un tout sans début ni fin

sur cette Terre en quête d’amour. »


gougères

champagne…


Persistance de la brume

Aurait-elle décidé de tout faire disparaître ?



Adamante Donsimoni – 20 janvier 2025


 



02/03/2026

La femme au bonsaï

 



La femme au bonsaï



    Je la vis agenouillée devant un arbre miniature, comme en adoration. Je sais combien de patience il faut pour contraindre un arbre au nanisme, combien de soins, de précision pour couper ses racines et éviter sa mort. Cela confine au grand art ! C’est bien là la prétention humaine, tout formater, tout maîtriser, imposer, obliger, réduire.

    Se tenir à genoux devant sa création n’exprime pas l’humilité. Dans ce tableau, tracé à l’encre du défi, c’est l’ombre de la vanité que j’ai vue s’inscrire sur le rideau du ciel, tout en haut de la montagne d’où s’élevaient d’inquiétants nuages noirs.

    L’artiste en pensant sublimer, pris au piège de son utopie, serait-il toujours celui qui contraint la matière au nom de son imagination fertile ?

    Non loin de la femme, tout en s’éloignant, un oiseau, voyageur de l’immensité, la regardait. Il semblait se moquer. Peut-être fuyait-il, et pressé lui abandonnait une plume. Piètre vengeance d’un volatile pour la mise en esclavage de la nature car il se pourrait bien qu’il lui laissa ainsi, à dessein, la frustration de ne pas l’avoir mis en cage.

    Comme il semble lourd celui qui n’a pas d’ailes à celui qui connaît les ivresses du ciel.

    L’oiseau, la femme au bonsaï, avec le vent du froid, en haut de cette montagne à n’en plus finir, je contemplais la solitude des âmes.


miracle illusoire
sous la main enchanteresse -
l’ombre d’un éclair

 

Adamante Donsimoni - Le 28 février 2026