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24/05/2019

Ainsi sera, car je le rêve



Mille éclats de blanc criblent le gris du ciel des dérives humaines. L’amnésie des racines fait la folie du monde. Les racines… Entend-tu leurs murmures ?

Elles sont là, en vert
fleurs offertes au printemps
poudrées de pollens

La courbe d’une herbe, l’épi qui balance son rêve d’or vers le sol, dans un bourdonnement d’abeilles, me troublent jusqu’à me faire oublier tout ce qui n’est pas vert. Et je perçois le vent qui caresse ce trouble et me ramène aux origines.

Plus rien n’existe
ma vie est en osmose
avec l’oubli

Plus de radeau de la méduse, plus de chairs décomposées, plus de damnés en devenir, juste un carré de liberté là, devant moi, sous le soleil. Simplicité de l’accueil de ce qui s’offre sans rien attendre, et me comble.

Du blanc, du jaune, de l’or
l’amour des herbes folles
dissout l’angoisse

demain sera rayonnant
c’est ainsi, car je le veux.



©Adamante Donsimoni (sacem)


Photo marine Dussarrat

10/05/2019

Un cheval s’est noyé


Photo prise au lac Daumesnil






Sous le ciel déprimé d’un printemps trop frileux, un lac convulse entre ombre et soleil. Bouche béante, en un dernier cri torturé de silence, un cheval s’est noyé, comme se noie l’espoir des cœurs fermés.

Un hennissement
ultime sursaut de vie
-voracité humide

Des branches esseulées ondoient entre deux eaux. Le souvenir de l’ether lutte contre le poids, mais demain sera vase. À peine quelques bulles crevant à la surface l’instant d’avant l’oubli.

Abandon de l’air
des plumes aux nageoires
l’ultime porte

chemin de transformation
la forme est illusoire.

©Adamante Donsimoni (sacem)