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13/02/2022

En haut des marches


 

photo Marine

 

En haut il y a le soleil, c’est la logique du ciel, il semble que ce matin ce soit celle de l’escalier qui grimpe jusqu’à un mystère à découvrir.


les marches sont de pierre
invitation à monter
tout est si beau


Mais, patience ! Il est si bon de s’imaginer ce qui peut être, et que l’on ne voit pas. C’est comme une veille de fête, on se dit que ce sera merveilleux, tellement que le jour venu, c’est souvent la déception.


goûter le plaisir
de surseoir la découverte
merveilleux moment


J’entends les vieilles pierres murmurer : « Viens t’en, tu verras là-haut c’est encore plus beau, monte ! » Le pied sur la première marche j’hésite encore, et pourtant...


comme une folie
qui me prend et m’emporte
je me mets à courir


J’avale les marches deux à deux, je veux savoir, je dois savoir, il faut absolument que je sache ce qu’il y a là-haut, c’est impératif !


j’arrive au sommet
là, le soleil m’éblouit
je ne vois plus rien.


Adamante Donsimoni – 11 février 2022 ©sacem

 

 

 L'Herbier de Poésies


06/02/2022

Le salon des aiguilles

Photo Martine



La nuit, quand les portes du salon des aiguilles se sont fermées sur le public, quand la laine, sagement alignée sur les rayons des stands, dort, attendant le lendemain pour qu’une voix demande : « Je veux celle-ci » ; sur le stand des poupées de chiffon il en va tout autrement

la Mère l’Oie éructe :
 « j’ai failli être vendue
dieu que j’ai eu peur !

mais elle m’a trouvée trop laide
sale gamine insupportable ! »


La petite poupée paysanne, à ses côtés la rassure : « Tu es belle la Mère l’Oie, ne te décourage pas ! » C’est certain, la Mère l’Oie trouvera celui ou celle qu’elle espère pour partager sa vie, même si maintenant elle cache son chagrin derrière son mauvais caractère

envie de pleurer
son cœur est tout cabossé-
une fleur d’or


À la droite de la Mère l’Oie, deux pimbêches de porcelaine qui se prennent pour des ladies, les yeux au plafond, l’air hautain, soupirent avec mépris : « Le petit peuple se plaint toujours, alors la basse-cour ! » Elles ne supportent pas de se trouver au beau milieu de cette caverne d’Ali Baba, entre ces pauvresses de chiffon et ces horribles babioles en céramique.

avec l’intolérance
le regard se fait dur
et le cœur s’aigrit


Mais les poupées : Souris, Paysanne, Chat de chiffon, et même la Mère l’Oie dont la colère est retombée,  ces doudous tout mous, cousus avec soin pour dispenser des câlins qui font le bonheur des jeunes enfants, n’en n’ont cure. Ils connaissent la résilience, et rêvent déjà de ce bébé d’amour, fille ou garçon, qui les adoptera, demain peut-être, qui sait ? quand les portes du salon rouvriront. Il y a…

entre les bras d’un enfant  
tant de secrets à partager-
tendresse

les yeux des poupées-chiffon   
brillent du feu des étoiles.



Adamante Donsimoni - 31 janvier 2022 ©sacem



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