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16/03/2026

Il était descendu de mon calendrier

 

Adamante - huile sur papier 21/30




    Il était descendu de mon calendrier. Pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? J’avais l’embarras du choix, et quand on parle d’embarras… Il y avait là tout plein de fesses rebondies soutenant leurs serpents de la kundalini dressés jusqu’à des épaules solides, et j’imagine même jusqu’au septième ciel de la spiritualité.

    Qui ne ressentirait pas du vertige devant une telle vision, susceptible de vous inoculer le virus de la main baladeuse, en vous faisant frémir de honte à une telle pensée, perverse selon Monsieur le Curé. « Cachez ce sein que je ne saurais voir... » dit-on, main devant les yeux, doigts légèrement écartés. Ah ! La honte quand elle se lie à la gourmandise.

    Mais je m’égare.

    Celui-là, tombé du calendrier, je l’ai recueilli sans arrière pensée, juste parce qu’il n’est pas poli, ni aimable, de ne pas porter secours à celui qui en a besoin. Question d’éducation, question de sensibilité. Il ne faut pas céder à l’indifférence, c’est mal.

    Et question de gourmandise ? Comment laisser au sol une pomme bien mûre condamnée à être dévorée par un troupeau de guêpes avides, si l’on ne se penche pas pour la ramasser alors que son parfum teinté de cannelle réveille vos papilles et que vous ressentez le désir de la croquer ? Ah, la succulence ! Péché mortel sans doute !

 

s’il nous faut mourir
pourquoi donc mourir d’ennui -
le goût de la Terre


    Sur le plan symbolique, mais y en a-t-il un ? Toucher, ne serait-ce qu’avec les yeux, cet idéal rebondi, ne peut être comparé au fait de toucher le pompon du béret d’un marin ou le ventre rebondi d’un bouddha pour se porter chance ; pas plus que de passer son doigt sur une boule de cristal toute lisse pour révéler une image et pénétrer le côté occulte de la vie. Non ! là ce doit être autre chose, l’image, déjà révélée, ne peut être symbole de chance. Affirmation toutefois discutable, comme le dit un proverbe chinois, car : « tout dépend du point de vue où l’on se place et de l’idée que l’on s’en fait. »

    N’était-ce qu’un rêve ? Mais un rêve cela révèle. Freud en aurait rougi et Dieu seul sait ce qu’il aurait pu en dire, mais il faut être raisonnable, toutes ces interprétations n’ont aucun intérêt.

    Si la symbolique nous échappe doit-on pour autant fermer les yeux et passer son chemin ?


une fesse rebondie
comme une pomme d’amour -
délire mystique


Adamante - 7 mars 2026



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15 commentaires:

  1. Bonsoir Adamante, "tombé" de ton calendrier, tu ne choisis pas animaux ou bagnoles ;-) j'aime imaginer les 11 autres feuilles.... merci, amitiés, jill

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    1. Un dieu du stade quoi ! Mais il faut rester raisonnable.

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  2. Bonjour, Adamante

    Toujours la même singularité qui te caractérise..j'ai bien aimé ton haïku final dans ce haïbun original...

    Amitiés

    Claudie

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  3. Bonjour Adamante. Beaucoup de nouveautés depuis mon absence des blogs ! Mais toujours autant d'intérêt pour moi.
    Beau sujet, et texte toujours aussi intéressant pour ma réflexion !
    Rendez-vous sur l'Herbier !!!!!

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    1. Bonjour Anonyme, mais qui se cache derrière ? J'ai des idées, mais je ne sais laquelle retenir. À très vite le savoir, et merci de cet agréable commentaire. À bientôt sur l'herbier, donc. ;-)

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    2. Eh bé ! Voilà ce qu'une Vieille Marrmotte peut faire !!!!! Ne plus signer ses commentaires 😄 🥲

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    3. Un grand sourire Dame marmotte, on ouvre un œil, on est heureux, on jette un mot, et voilà que blogger vous confisque de votre nom jusqu'à votre attention, et vlan ! un anonyme vient de surgir sans même que l'on le sache. Ça m'arrive ici même si je ne fais pas attention, surtout si je ne suis pas sur chrome car blogger n'aime pas BRAVE, navigateur qui n'aime pas les publicité et que j'aime particulièrement à cause de cela. Pour l'herbier et ici, je passe donc par chrome, si non quel tralala 🎵 🎶 😥.
      Un grand sourire du jour en ce printemps qui explose toutes ses feuilles 🌿.

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  4. Chère Adamante

    C'est un vrai bonheur de découvrir ton propre texte en écho à ton œuvre.
    Au fil de tes ateliers, je suis de plus en plus admirative de la manière dont tu passes de la toile au papier.
    Tu nous prouves ici que tu maîtrises aussi bien le pinceau que la plume :
    Ton tableau exalte la forme et la lumière tandis que tes mots y ajoutent une profondeur, une pointe d'humour et une humanité touchante.

    L'anecdote sur tes années d'école apporte un éclairage très émouvant sur le métier de modèle et sur le regard, parfois cruel sans le vouloir, des étudiants que nous étions.
    C'est cette lucidité et cette générosité qui rendent tes ateliers si riches.

    Encore bravo pour cette « Page 257 » et pour la beauté de ton geste, sous toutes ses formes.
    Bien amicalement, Marie Sylvie

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    1. Bonjour Marie-Sylvie,
      Un grand merci pour ce commentaire, mais attention à ne pas trop forcer le trait 😉 il ne faudrait pas que j'ai "les chevilles qui gonflent". 🤣
      Je suis très touchée que tu trouves l'herbier "si riche". J'ai la chance de réunir, autour de l'amour de l'écriture, des personnes sensibles, courageuses et persévérantes, sans parler de talent, il va sans dire.
      Cela dépasse d'ailleurs les mots. L'invisible a tissé une toile bien plus profonde, bien plus sensible, qui préfigure ce que pourrait être l'avenir des relations humaines.
      Nous percevons que, sans nous être jamais rencontrées, nous faisons partie d'un tout et qu'en cela nous sommes unies au niveau des profondeurs du cœur, de l'âme, de la conscience. C'est ainsi que je vois nos échanges hors les critères de jugement, mais dans la joie de créer, de grandir, ensemble, de se faire plaisir.
      Voyons cela comme une nourriture de l'âme. Encore merci. 🙏

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  5. Bonsoir Adamante
    Tu présentes le désir comme une évidence, mais perso je ne le ressens pas, ce qui montre que ça dépend vraiment de chacun ;-)

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    1. Bonsoir Mona,
      L'écriture est un parti pris, le choix d'un regard pour développer l'idée, cela permet parfois de se projeter dans des situations qui ne sont pas nôtres mais que l'on s'approprie. L'humour d'ailleurs permet en outre une certaine mise à distance. Bref, dans l'écrit, s'il y a un peu de soi, (il peut aussi y en avoir beaucoup), il peut y avoir beaucoup d'extrapolation. Cela reste un exercice, un peu comme un comédien peut incarner un personnage, celui qui écrit s'investit dans le personnage, les deux se prêtent au jeu et s'enrichissent de ce qui n'est pas totalement eux. Voilà ce que je peux en dire. ;-)

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  6. Pas d'arrière pensée devant la beauté d'un corps, tout est dans la façon de le percevoir, j'ai souri à ta pomme d'amour, sans aucun délire ....

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    1. Je me suis beaucoup amusée à écrire ce haïbun et bien qu'étant auteur de la peinture je ne savais pas trop comment traiter le texte. Mais la beauté, abordée sous l'angle de l'humour a fait le reste. Merci Annick. Si le jeu te tente...
      J'ai aussi envie de demander à chat gpt de nous concocter quelque chose avec l'image et voir comment elle s'en sort. ;-)

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  7. Vivre sans honte et avec beaucoup de gourmandise, pour moi c'est un beau programme !!

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