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Photo Carine Noushka (toutes les photos de son journal facebook dont cette série sur l'Euplecte à croupion jaune) |
Il
était une fois, l’autre côté du miroir.
Les
herbes poudrées de rose, de violet m’avaient entraînée ce jour-là, jusqu’au
ravissement. J’avais perdu tout sens commun, je découvrais l’invisible.
Un elfe d’herbier
dansait pour un oiseau noir,
leçon de charme
L’oiseau
s’était arrêté comme s’arrêtent les oiseaux quand ils sont fatigués de voler,
sur la tige d’une plante sèche. Très concentré, il regardait l’elfe d’un œil attentif.
Dialogue muet
entre la terre et le ciel,
une vibration
Ces
deux-là me semblaient complices, comme peuvent être complices ceux qui
échappent à la menace humaine, du moins pour un instant.
Un instant, un seul
et le temps s’éternise,
tout est si léger.
Le
souffle chaud du vent que l’on devine balaye les certitudes. Il ne reste plus
rien que l’imaginaire en action, les profondeurs créatrices d’un cœur ouvert
sur l’oubli de soi.
Là, derrière l’oiseau,
une silhouette d’enfant,
une apparition.
C’est
le marionnettiste des hautes herbes. Penché vers le sol, il fait danser les
elfes du grand herbier de la Terre quand les oiseaux sont tristes. Quelle
nostalgie dans l’œil de ce petit oiseau marqué de jaune sur le dos.
Sur sa livrée noire
est inscrit le doigt du Soleil,
la distinction d’un Dieu.
Tout
en lui est tendresse. Il rayonne d’un amour dont l’unique et impérieux besoin
est de se donner, sans attente, sans espoir de retour, nécessité de célébrer la
vie tout simplement. Et, pensant à
la dérive humaine de ne donner d’importance qu’à l’économie et aux marchés
financiers, en le regardant, je me demande si pour la Terre l’espoir nous est
encore permis.
L’amour d’un oiseau
le doux murmure des herbes,
un souffle, la vie.
©Adamante Donsimoni (sacem)
Tu es incroyable... et c'est merveilleux !
RépondreSupprimerJ'avoue que je n'aurais pas imaginé ce marionnettiste devant l'oiseau.
Mais quel beau récit !
Merci, Adamante.
Passe un doux weekend.
un haïbun plein de tendresse comme on aimerait tant s'y laisser bercer
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