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30/11/2018

Mysticisme libertaire



Comme un typhon surgissant de la brume, j’ai vu se dessiner la silhouette d’un Djinn, mais il n’y avait pas de lampe à huile. Voilà que les codes étaient bouleversés. Un génie sorti de nulle part, glorifiait l’inconsistance d’une vapeur plus floue que la divinité même. Ce génie pied de nez à la tradition, grand désorganisateur de la création, tourbillonnant sur lui-même comme pour signifier son caractère insaisissable, était l’incarnation de l’inacceptable.
Que de remous, que de remugles s’agitèrent alors au sein des croyances jusqu’ici si bien bordées d’assurances et de lois, accordées sur la note cristalline de la transcendance paternelle si rassurante. Alléluia !
Quel désarroi ! Même marcher sur la tête me semblait plus plausible face à cette  irruption à peine définie, issue de cette vapeur insoumise, bafouant tous les repères jusque-là glorifiés. Le vide, j’étais face au vide et je perdais pied devant ce néant à peine esquissé. Mon cœur s’embrasa soudain. Le foyer nourrit par cette démonstration insurrectionnelle assécha tout ce qui en moi comptait d’humidité. Je vivais la combustion spontanée de mes certitudes qu’aucune branche, croisée lors de cette ascension irrépressible de mon esprit troublé, ne pouvait arrêter. J’avais largué les amarres, la terre s’éloignait de mes pieds, je connaissais le vertige des altitudes. J’étais réduite au feu du mysticisme libertaire, dérivant dans l’entre deux d’un monde inexistant.

Adamante Donsimoni (sacem)




jamadrou

16/11/2018



Le chant des loups



Le fouet cinglant du vent dans l’ombre des pins provoque
le froid irritant de l’hiver. La mousse perlée amortit les
terreurs portées par la vibration des brumes.
L’univers tout entier se raconte dans les souffles de la
forêt.

L’air du chant des loups
enfle à la cime des pins
-un chemin perdu

Des siècles d’angoisses tissés de mousses humides
s’inscrivent dans ce grand livre ouvert sur la cécité du
monde.
Il n’est pas un brin d’herbe qui ne soit conscient de la vie.

Trop de ténèbres
au coeur de l’humanité
et juste les sapins

le rêve d’éternité
est perclus de mensonges.

Adamante Donsimoni (sacem)

Steve Mitchell - aquarelle -