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31/10/2024

Entre veille et sommeil

Entre veille et sommeil - Adamante Donsimoni - ISWC    T-703.180.656.3


 

      J’ai tout éteint. Ce soir je veux être au rendez-vous avec moi-même ; bercée par son chant, écouter la pluie, l’avion qui s’éloigne, mon corps qui se détend avant l’endormissement. 

    Je veux goûter cette joie de baigner dans ces infimes stimuli qui s’invitent à la fête de mon émerveillement. Ce qui m’est le plus palpable ce soir, ce ne sont pas ces objets qui m’entourent, si inutiles à cet instant, comme tout ce qui a forme, ils sont destinés à la poussière… Non ! ce sont tous ces murmures qui racontent le mouvement de l’invisible, ce festival de riens au cœur duquel je me situe.

 

  

        J’accueille le son, j’accompagne son voyage, palpite au moindre de ses souffles pour donner libre court à mes images. Immergée dans cet océan volubile, je recrée le monde, je me le fais plus proche afin de le mieux comprendre, et l’aimer. 

    La pluie s’est arrêtée, pourtant ce n’est pas le silence. J’ai conscience des courants, des palpitations, des murmures qui animent cet autre monde qu’est mon corps. Rien ne peut le différencier vraiment de ce qui l’entoure, lui aussi est d’eau, animé de ses courants au travers de la Terre, du Feu, du Vent.

    Entre veille et sommeil, je me dis que c’est un univers bien fascinant que celui de la vie.

    J’ai tout éteint, sauf le bonheur d’accueillir.


Adamante Donsimoni ©sacem

29 décembre 2021

28/10/2024

Horizon bavard

 

Adamante Donsimoni - acrylique sur papier froissé - Chamiliale -


Horizon bavard 



Debout au bord de la nuit, le front tourné vers l’horizon, ils observent le ciel. Sages et chats contemplent les ombres qui s’y découpent. La voûte céleste est un miroir où chacun se cherche et se reconnaît dans les constellations. Leur avenir y est écrit, ils décryptent le moindre signe.

Ô combien d’histoires s’y racontent ! Combien de vies y sont inscrites à l’encre invisible des ans qui passent. Il semble que tous les temps s’y confondent, regards présents, regards d’antan, y laissent ou ont laissé leur marques bousculées de vents et de nuées. 

« C’était hier, soliloque un nuage,  hier ou peut-être avant hier ou encore bien avant, j’ai oublié. J’ai l’esprit bien trop embrumé ce soir, un mauvais rhume sans doute, et me voici la goutte au nez. Presse-toi, presse toi, il te faut trouver un sommet où te mettre à l’abri, il ne faut pas t’appesantir ici si tu ne veux pas disparaître, il y a bien trop de passage, de fantômes et courants d’air. »


Sous la lune rousse

des nuages en débandade

le réveil des anges


l’oubli marie la mémoire

le vrai amoureux du faux.



Adamante Donsimoni

25 octobre 2024 -  (tanka-prose)


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