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20/01/2025

Enfant de la balle

Récréanote Adamante




Enfant de la balle -Adamante Donsimoni - ISWC  T-330.048.634.0




    Dans ce petit théâtre parisien, les murmures de la salle, atténués par le lourd rideau fermé de la scène, arrivent jusqu’aux coulisses. Qui sera là ce soir ?

    Une petite blondinette, cœur battant et nœud à l’estomac, observe en toute discrétion les visages des spectateurs venus soutenir la jeune troupe de théâtre. Les siens seront-ils présents ce soir ou lui enverront-ils comme de coutume cet énorme bouquet de fleurs qu’on lui remettra à la fin du spectacle pour lui témoigner de leur attention ?

    C’est leur façon à eux, toujours si éloignés, toujours si pris par leur métier, de lui dire je t’aime. Elle le sait, ce soir encore ils seront absents. C’est si loin les États Unis...

    Ô s’ils savaient comme elle l’espère ce miracle, comme elle en rêve de cette surprise qu’ils pourraient lui faire ! Sauront-ils jamais à quel point ces bouquets lui font mal, et qu’en elle, à chaque fois, quelque chose se déchire dans sa poitrine lorsqu’elle tend les bras pour les recevoir sous le regard envieux de quelques membres de la troupe. Elle est tellement gâtée !


cœur dans une fleur
mais la chaleur d’un baiser-
parfum volatil


Adamante Donsimoni 15 janvier 2025 


Un souvenir de prof de théâtre & de metteur en scène (ce n'était pas une petite fille ...)


16/01/2025

Pinarello

 

    Ce matin-là, sur la plage, le silence interprétait le chant ininterrompu des vagues, et sur la portée, comme autant de croches, le bruissement de mes pas sous les eucalyptus dégageait un parfum sensuel dans lequel le corps vibrait comme une corde sous l’archet.

    La cabane de bois, phare du rivage de l’été, était fermée.   

    Le sable se gorgeait de soleil, libre de la foule des touristes encore prisonnière du béton et de la grisaille. 

    La paix, la vie s’exprimaient dans la simplicité des souffles croisés de la terre et de l’eau. Le vent musardait au travers des touffes d’herbes sèches, tiges souffreteuses et odorantes accrochées aux monticules arides flanquant les abords du rivage.

    Les pieds brûlants, le regard posé sur le lointain, ma jeunesse libérait la voile de ses rêves d’indépendance sur l’horizon indéfini, entre le bleu du ciel et celui de la mer, à la conjonction brumeuse de l’air et de l’eau. 

    Abandonnée aux éléments, par la moindre des cellules de mon corps, je vivais la fête de la dilatation de mon Être.



Plage de Pinarello ou Pinarellu ( haute Corse)

3 novembre 2021 

©sacem 

PINARELLO
Adamante Donsimoni

ISWC  T-307.974.165.0

Pour le Nid des mots A.B.C.

13/01/2025

Ce fini indéfini du nuage


Une matinée de brume 

Au parfum de Noël

Ce goût de nostalgie 

D’un univers opaque

D’où fusent quelques lumières


Ces révélations-là

Sont celles de l’amour

De la confiance

De l’abandon

Un berceau où l’être

En son entier

Se détend

N’attend rien

Comblé par la moindre dilatation

De l’espace


C’est comme un retour à la source

Sans débordement

Il est si naturel 

De se laisser glisser

De se déposer

De se vivre soi -

Sans crainte de son propre jugement 

Si contraignant, si limitant


Ce que je suis

Ce n’est pas cette forme

Ce visage 

Dans lesquels je disparais

Non 

Ce que je suis

C’est cette respiration

Ce fini indéfini du nuage

Cette vibration de la cellule première

Répliquée en des milliards d’autres

Palpitant en symbiose

Pour expérimenter le vivant


Message d’une brume matinale 

Au parfum de Noël

À cette brume existentielle

Si souvent engoncée 

Dans ce costume 

Que j’appelle 

« Moi »

 

CE FINI INDEFINI DU NUAGE

Adamante Donsimoni 

ISWC T-330.016.357.5 


12 janvier 2025 ©sacem


02/01/2025

Se détacher pour mieux aimer


Se détacher pour mieux aimer

Adamante Donsimoni - ISWC  T-329.800.852.9







La coutume trop souvent
prend le pas sur le cœur
On s’aligne
on suit les rails bien tracés
dont nos pieds ont gardé la mémoire.
Mais rien ne fuse.
La lumière est absente.
La forme a pris le pas sur le fond.
Le rituel s’est fait dogme.
La foi est devenue croyance.
Le geste a oublié la respiration.

L’oiseau en cage vénère
les barreaux vernis de sa prison.
-L’or mystifié rutile-

Devant son miroir aux alouettes
il se pense géant
mais se morfond d’ennui
devant une porte ouverte.

Il a perdu ailes et confiance.
La peur a éteint ses couleurs
et englouti tous ses désirs.

Il suit...
C’est tout ce qu’il peut faire.

L’oiseau sauvage contemple les espaces.
Il se sent si petit.
Son cœur vibre d’une solitude pleine.
Les murmures des vents
lui racontent la vie.
Il s’envole et poursuit
un rayon de lumière
puis disparaît à l’horizon
dans l’indicible océan de l’amour
son regard baigné de larmes
son âme broyée de tendresse.

Telle est sa vie :
Savoir partir
se détacher pour mieux aimer. 

 

1er janvier 2025 - © sacem

 



SE DETACHER POUR MIEUX AIMER

Adamante Donsimoni

ISWC  T-329.800.852.9