Ce matin-là, sur la plage, le silence interprétait le chant ininterrompu des vagues, et sur la portée, comme autant de croches, le bruissement de mes pas sous les eucalyptus dégageait un parfum sensuel dans lequel le corps vibrait comme une corde sous l’archet.
La cabane de bois, phare du rivage de l’été, était fermée.
Le sable se gorgeait de soleil, libre de la foule des touristes encore prisonnière du béton et de la grisaille.
La paix, la vie s’exprimaient dans la simplicité des souffles croisés de la terre et de l’eau. Le vent musardait au travers des touffes d’herbes sèches, tiges souffreteuses et odorantes accrochées aux monticules arides flanquant les abords du rivage.
Les pieds brûlants, le regard posé sur le lointain, ma jeunesse libérait la voile de ses rêves d’indépendance sur l’horizon indéfini, entre le bleu du ciel et celui de la mer, à la conjonction brumeuse de l’air et de l’eau.
Abandonnée aux éléments, par la moindre des cellules de mon corps, je vivais la fête de la dilatation de mon Être.
Plage de Pinarello ou Pinarellu ( haute Corse)
3 novembre 2021
©sacem
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Pour le Nid des mots A.B.C.