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21/04/2013

Le désert et l'oubli


Oublier... ne rien attendre... Oublier... ne rien attendre...  Oublier... ne rien attendre... 

L’espace
infini
du désert
simple
et
beau
rémanence
d’un air
En frémissant
les mots pulsent
s’évadent
rejoignent l’infini
se dissolvent
ne reste alors
que le rien
sans voix
total 
Qu’il est doux
de s’y perdre
et d’oublier
tout
jusqu’à soi-même.
©Adamante


12/04/2013

La beauté du Mont Lu


Je n’ai pas eu l’occasion de visiter le mont Lu lors de mon voyage en Chine, mais je me suis si souvent sentie en phase avec la montagne dans mes méditations et j'ai si souvent pratiqué le qi-gong en faisant appel à son esprit, que j’ai envie de tenter une expérience.

Je ferme les yeux, je tente d’imaginer le mont Lu, d’entrer en contact avec lui.

Ce n’est pas une image qui m’arrive mais une force que je sens rayonner jusqu’à moi.

Je suis récipiendaire d’un mystère qui m’envahit et, sans m’effacer, me donne une impression d’immensité.
Il me semble contenir l’univers tout entier, mais je continue de me percevoir dans ma dimension ordinaire et ce savoir de moi, cette dimension habituellement limitée, semble pourtant contenir l’infini.

Une image me vient à l’esprit : je suis un cercle, limité dans l’espace, qui contient le point, l’infini, et mon individualité, sans perdre la notion de son identité propre, pourtant si petite,  absorbe et contient celle de l’immensité.

Je fais l’expérience, l’espace d’un instant, d’une forme d’identité universelle, j'expérimente que la limite ordinairement suggérée par le corps n’est qu’un leurre, que mon corps est là pour appréhender les expressions du Tout.

En expérimentant cette force mystérieuse de la beauté du mont Lu j’expérimente la vacuité. Car c’est bien de la vacuité dont il s’agit, il n’est pas de mot plus juste, la vacuité force de cohésion naturelle.

Et j’en arrive à espérer que si quelqu’un pense à moi à cet instant, il puisse percevoir à son tour, cette force de cohésion qui lie les parcelles du Tout au Tout, « les petits ruisseaux font les grandes rivières ».

J’en déduis que c’est sans doute là que réside l’espoir de l’humanité car cette fascination née de l’évocation de la beauté, cette plénitude qui en découle, cette expérience de l’infini en soi, c’est l’amour.

Seul l’amour, parce qu’il est la force la plus puissante du monde a capacité de sauver le monde de la destruction.

Je pense au mont Lu
Sensation d’immensité
Amour infini.


09/04/2013

La paix du printemps


Je marchais dans le jardin, libérée de l’hiver et saluant le soleil,
observant autour de moi la construction des nids.

Une aile blanche
à peine un frémissement
là, dans le reflet de l’eau
et dans le vent du printemps
la neige des cerisiers

Un souffle d’air dans mes cheveux me redonnait la sensation de vivre, 
je m’éveillais, m’émerveillais comme une enfant en découverte.

Quelques pas légers
les verts tendres du chemin
tous ces chants d’oiseaux
et cette blancheur si pure
m’emportaient loin de la ville.

J’oubliais alors, la misère, l’injustice, la violence, les promesses jamais tenues d’un monde à la dérive.
Je goûtais la paix.
               ©Adamante - Dépôt SACEM avril 2012 


06/04/2013

Une main

Pour Anna 

Un son
tenu
les sourcils froncés
l’enfant
vide ses terreurs
par la voix
ses petits poings se crispent
la terre accueille
le feu
le sang
contrarié
elle transforme
elle apaise
elle guérit
douce
si douce...
au loin
un autre soleil
une autre terre
rouge
la poussière
et ce chant
ce souffle
qui résonne
profondément
il porte l’appel
de cette terre
mère
d’une vie
naturelle
entre l’aube et l’aurore
nature palpitante
qui suis-je
moi
entre la terre d’une petite déesse
et la mienne
qui m’a pétrie ?
un pont
un arc en ciel
ou une main
qui le porte
tendue
offerte
Une main
oui !
rien qu’une main
animée de soleil.

02/04/2013

Vivre libre


Je ne veux que le vent et l’espace
La mousse au hasard de mes pas
Rien que la nuit noire
Sans plaintes ni soupirs
J’ai besoin d’infini sous les projecteurs de la ville
Sous l’œil des caméras du monde civilisé
Je refuse l’espionnage préventif 
Je ne veux pas de protection
Je refuse la cage de la tutelle sociale
Je veux boire la liberté de l’air
Vivre mon âge adulte en conscience
Je revendique la liberté absolue de pouvoir risquer ma vie
Le droit de mourir au hasard de mon aventure
De refuser la peur distillée en images
Je veux vivre libre 
Je veux vivre.
©Adamante