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16/01/2023

Chanson d'arbres

 

photo jeanne fadosi



Chanson d’arbres



   Je voyage le nez en l’air. C’est ainsi, je ne vois pas mes pieds. Mais là-haut je me découvre des ailes. Tout me parle, et les arbres me racontent des histoires car ce sont de grands sorciers qui aiment à nous illusionner. Pour jouer tout leur est bon, les éléments, les saisons, les heures, les astres, le jour, la nuit et j’en oublie. Ce que je crois savoir c’est qu’à tout correspond un arbre


été en campagne

L’arbre s’enflamme au soleil

la colline en feu


   L’arbre de la nuit, croisé au clair de la lune avec ses ombres qui glissent dans l’espace, s’étirent et se métamorphosent en personnages inquiétants, me conte une histoire de brume où des fantômes hantent les ténèbres


voici l’heure des spectres

la lune captive geint

dans les branches noires


   L’arbre du midi, parfumé de sable et d’embruns, murmure à mon oreille toujours prête à s’ensonger*, la douceur de ses jours sous un ciel teinté d’outremer. Un ciel à mourir d’amour quand le soleil fait chanter les cigales et que la joie imprègne la moindre effluve de lavande


le pin parasol 

aux aiguilles parfumées 

un goût de vacances.


Adamante Donsimoni - 12 janvier 2023

    LE CHAMP DU SOUFFLE 

 

*S'ensonger : j'ai emprunté ce verbe à Jacques Laccarière dans son récit 

                        "LE PAYS SOUS L'ÉCORCE" un livre à lire absolument. 


L'HERBIER DE POÉSIES

09/10/2018

Hélios Anthos, Hélianthus



photo  Marine


Dans le soir finissant, alors que la lumière irradie l’océan, je marche sur le chemin de grève. Le parfum de quelques épineux m’éveille.
Quel bonheur de vivre !

Un rien qui s’offre
avec le vent complice
et tout est parfait.

Quelques fleurs s’empourprent en cette arrière-saison. Filles naturelles du Dieu flamboyant, enfants de la Terre où elles accrochent leurs racines jusque dans les sols les plus rudes, elles tirent leurs langues d’or au ciel.

Soleils et fleurs
petits astres délicats
magnificence.
















10/10/2017

Le journal des herbes

 

Sept jours de septembre 2017, passés à écouter les herbes



Vendredi

Des perles de lumière sur les herbes


En cette fin d’été parfumée d’automne, la pluie a maquillé les herbes. L’instant est unique, je suis sous le charme. Tout s’efface qui n’est pas lumière. Je voyage dans une pantoufle de verre* aux pays magique du strass. Je n’attends aucun prince. Et j’ai tout, absolument tout ce dont je peux rêver. Dans cette dimension, les richesses matérielles n’ont aucun sens.
Le diamant, conçu aux feux de la terre, masque sa lumière, le sage ne se répand pas.
Mais les herbes, par leurs racines, connaissent le grand dessous des choses, elles en témoignent. Je découvre la richesse de l’instant qui se donne dans cette symphonie du prisme que le vent balaie emportant avec lui une part de cet éclat d’éternité. J’ai déjà prélevé ma part. À l’éternité du diamant convoité par les Hommes, je préfère ce moment d’éblouissement fugace offert par quelques gouttes de pluie. Il vit désormais aux tréfonds de mes espaces intérieurs.
La Terre connaît trop bien la convoitise humaine. Qui porte la lumière doit la protéger des regards avides.
Voici l’enseignement des herbes ce matin et rien ne m’est plus précieux.

*et non pas vair, par choix délibéré.



Samedi 

Regard


Pas de pluie à mon lever, juste la grisaille du ciel qui réduit les pensées, étrique les mouvements et pousse à la désespérance.
La sagesse serait de puiser à la source de lumière intérieure pour éviter l’écueil d’une journée maussade. De toute évidence je ne suis pas sage ce matin. Je m’assieds sur la marche du perron, regard vague et soupire.
L’herbe croît, plus verte que jamais. Je maugrée. Cet été qui n’en fut pas un, plombe mes pensées. Je pleure sur le froid qui perdure. Il manque au paysage cette touche de couleur chaude qui pourrait rasséréner le cœur le plus effondré. Blasée, j’observe. Et soudain, je vois. Je vois la diversité des formes et des verts. Mon regard éveillé brutalement par je ne sais quelle influence occulte, ne traduit plus une masse, mais une variété phénoménale de l’expression végétale que l’on qualifie d’herbe. Dire que je marche dessus à chaque instant, ignorante des formes et des noms sous le vocable générique d’herbe. Vocable réducteur, témoin du survol de la vie quand on porte des œillères. 
Les herbes ! les femmes ! les jeunes ! les étrangers ! les autres !
L’ensemble est à maudire, taillé comme un jardin français, il réduit à la masse ce que l’on croise. Qu’il soit érigé en critère esthétique ou social, il soumet, dompte, réduit, classifie, refuse, rejette.
La nature se plaît à varier les formes, l’humanité à les réduire. Peur de la différence sans doute !
Encore un enseignement des herbes, la liberté ne s’acquiert que par l’expression libre des formes. La variété est richesse, elle se tisse comme une tapisserie opposant ainsi l’art au bloc.



Dimanche 

Le juste milieu


Une matinée ensoleillée ; s’élancer vers la lumière semble être le mot d’ordre du matin. Tout pointe qui se trouve au centre, mais à la périphérie on s’incline gracieusement vers la terre nourricière. Il apparaît que les plantes, et dans ce cas précis, le chiendent considéré comme une mauvaise herbe, dans leur inconscience apparente et leur mutisme, appréhendent mieux que l’Homme la notion de reconnaissance. Sur une même pousse, le centre salue le Soleil et la périphérie la Terre pour croître harmonieusement. La vie a des règles lorsqu’il s’agit de trouver l’équilibre.
Je me dis que pour progresser sur la voie de la modestie et de la compréhension de notre monde, nous avons beaucoup à apprendre du moindre brin d’herbe. À condition de se poser un instant et de se laisser glisser vers une attention sans but, toutes les sagesses nous sont enseignées, sans mot.
Cela remplit l’esprit, ouvre le cœur, apaise.
Il n’est rien de plus simple et de plus délicat à trouver que l’harmonie.


Lundi 

Flash


Temps couvert, une sorte d’attentisme dense et silencieux recouvre la campagne. Sous le couvercle du ciel, l’heure est à la méditation. Les hautes herbes s’alanguissent, mélange de couleurs vert et paille, aux pieds des rosiers. Leurs flèches maternelles ont déjà rendu leurs semences et la terre a rouvert ses greniers, partout la récolte.
La pente involutive est amorcée, voici que sonne l’appel des terriers, le grand retour à la matrice. Doucement le sang s’alourdit et le mouvement s’apaise. Comme elle est douce cette contemplation des herbes ce matin.
Pendant ce temps, le monde tremble, la Corée du Nord vient d’expérimenter la bombe H… L’humanité, électron libre de la nature… Une erreur.
Une tourterelle, révélée par le bruit métallique de ses ailes, se pose non loin de moi, au pied du tilleul. On se regarde, elle n’a pas peur. Dans sa robe pastel teintée de lilas, elle incarne la douceur, la fragilité. N’est-elle pas une sorte de colombe ? Un symbole roucoulant de la paix ?

Quelques plocs se font entendre. Des oiseaux se baignent aux pierres de mesure en granit remplies d’eau. Dans ce lieu, ce fouillis, plein de vie, tout est sérénité. Ici, rien n’est à l’équerre, la vie s’exprime sans fard, sans faux-semblants.
Non ! je ne cèderai ni à la désespérance, ni à la mélancolie. Soudain un flash m’illumine, je sais, comme on sait une évidence, demain appartiendra à ceux qui auront conservé cette part de nature sauvage au plus profond de leur être.
Concours de circonstance ? Le soleil, absent depuis le lever du jour, fait brusquement son apparition. Je remercie les herbes, ma racine d’éternité vient de s’indurer encore plus profondément dans l’espoir.
Tout est clair, le temps est venu pour moi de récolter ma vie pour le partage.




Mardi 

L’histoire sauvage


J’ai lu dans les empreintes des pattes d’un oiseau, là, sur le monticule de terre d’une cheminée de taupe, tout l’impossible des herbes, l’histoire sauvage. Une racine, quelques tiges, l’attachement à l’essentiel. Fragilité qui s’accroche à la source de vie, têtue et confiante.
Herbes, langues d’oiseau, porte-parole de l’amour en eau et lumière, en sève, en stigmates et pistils, en pollens-brouillard diffusant leurs gamètes en vibrations fertiles.
La vie est son, porté par le silence. Rythme lourd de la matrice accordé aux tambours des chamans.
Voilà l’enseignement des herbes révélé par une patte d’oiseau sur le sol aujourd’hui.



Mercredi 

Après la pluie



Après toute cette pluie, la pomme pourrit sur l’arbre et l’herbe verdit.

L’océan végétal  s’incline en vagues harmonieuses. La chevelure de la terre pousse drue, libre, sensuelle. L’œil bercé par ce flot est aux anges, l’esprit se relâche dans la contemplation. Un paradis chatoyant de verts est descendu dans mon jardin où quelques pissenlits explosent leur dentelle, tandis que leurs cœurs palpitants espèrent en secret l’élixir du soleil.
-Silence ! l’entends-tu cette voix des mondes qui se conjuguent, s’unissent, se tissent dans l’abolition des frontières ?
-J’entends ! Je suis herbe et je danse !
-C’est toi ! l’herbe qui chante les herbes, comme une abeille chante la fleur au printemps.

Après toute cette pluie, la pomme tombée nourrit le merle et l’herbe me nourrit.



Jeudi

Danser sur les plates-bandes


Quelques touffes d’herbes s’enchevêtrent dans les premiers frimas. S’unir pour résister, chez les herbes aussi il semble que ce soit la loi. Voilà ! l’Homme découvre enfin que l’entraide et la communication font aussi partie du règne végétal*. Lui, qui dansait sur les plates-bandes sa grande gigue de la suffisance, en croyant tout savoir se trompait !
À chaque jour sa vérité en somme ! Cela nous laisserait-il quelque espoir ?

Merci les herbes de tant d’enseignements. Voilà qu’au bout de sept jours, je vous observe avec un regard neuf. N’est-il pas temps de se reposer un peu pour assimiler votre enseignement ?
À bientôt vous revoir, Mesdames, que l’hiver qui s’annonce vous soit clément.


*La vie secrète des arbres (ce qu'ils ressentent, comment il communiquent) de Peter Wohlleben Ed. Les Arènes

©Adamante Donsimoni (sacem)




05/10/2016

Les petits pieds



Quelle douceur ce jour ! Le Dieu Soleil chevauche avec tendresse le vent qui me chuchote ses histoires vertes. Personne mieux que lui ne peut me faire rêver si loin.
Quand je ferme les yeux pour mieux voir, il me révèle le rire léger de la cascade. Elle est toujours là, qui danse, si joyeuse, tout en haut du parc, en lisière de la forêt interdite. Forêt plus sombre et plus inquiétante que jamais. C’est l’inconnu qui s’y cache, rivé à la terre par les terribles racines tentaculaires de ce monstre antédiluvien, que je soupçonne toujours à l’affût, tapi au fond de mes terreurs enfantines.
Je ne franchirai pas la frontière, pas plus aujourd’hui qu’hier, j’ai toujours dirigé mes pas vers la lumière, je n’ai aucun attrait pour les ténèbres.

La mousse frissonne sous mes pieds nus, à cinq ans, ils sont si petits.
Depuis ils ont grandi, mais ce sorcier de vent me rappelle qu’il y avait là « le petit pied à Papa » et « le petit pied à Maman ».
C’est ainsi qu’ils les avaient nommés et se les étaient partagés. Le gauche, à Papa, le droit, à Maman. Répartition toute naturelle quant, au matin, je me glissais entre eux deux, dans leur lit, pour les réveiller. Le rituel était immuable, à gauche je sentais la main longue et fine de mon père enserrer mon pied gauche tandis qu’il s’écriait : « le petit pied à papa !» À droite, celle plus menue de ma mère accordait sa chaleur à mon pied droit en s’écriant : « le petit pied à maman ! ».  Et ce n’était plus que rires.
Quelle merveilleuse façon de commencer une journée ils m’offraient là. Comme nous étions heureux ! 
Et voilà que maintenant, par la voix de ce sorcier de vent, je sens la présence de leurs mains sur mes pieds, si petits, si épanouis.

Oui ! Quelle douceur ce jour !
C’est parce que le Dieu Soleil le chevauche avec tendresse que le vent me chuchote mon histoire.

©Adamante (sacem)
le 10 avril 2014


05/04/2016

Le petit cheval rouge

Le cirque de l’univers allume ses étoiles
un petit cheval rouge s’élance sur la piste
émotion de la voie lactée
il caracole parmi les astres en fusion
sa cavalière
habillée de soleil
virevolte
pirouette
partout la fête
explosion de lumières
vibration des couleurs
sur une symphonie Chagallienne
le dragon de l’amour s’enflamme
exprime son génie
Love ! crie la Terre
love ! répond le Ciel
love ! martèlent les sabots

le petit cheval rouge
sème sur son chemin
marguerites et boutons d’or
un Elfe se penche
sa main emplie de fleurs.

©Adamante (SACEM)
sur le tableau Love8 de Martiros Hakopian (MarHak)


                                                                  d'autres textes et l'image ICI

04/05/2014

Magie d’un rayon de soleil.


Quand le ciel s’éclaire, que le soleil me révèle à quel point je suis vivante, voilà qu’il me prend l’envie irrépressible de m’alanguir. L’appel de la torpeur est irrésistible, je m’y glisse avec gourmandise, sans remords ni honte.
L’heure est au ravissement. Je m’abandonne. La chaleur sur ma peau n’est que plaisir.
Une vague de frissons irradie jusqu’au centre de mon corps. Je connais le bonheur de m’ouvrir, de recevoir, de sombrer dans l’oubli de tout ce qui n’est pas l’instant.
Ce bonheur d’Être c’est ma disparition, elle m’emplit et déborde du centre de mon infini, au cœur de mes espaces intérieurs, jusqu’aux confins de l’indéfini, la source.
J’expérimente à la fois l’infime et l’immense, le monde tel que je le soupçonne dans sa dimension inexprimable.
Je sais participer, sans un mouvement, à la dynamique éternelle de la roue et du cercle.

Un rayon de soleil c’est l’assurance de la dilatation de l’Être englobant tous les Êtres. Un miracle naturel.
Pourtant, même si j’apprécie la chaleur, je ne crains pas qu’elle disparaisse et que le froid s’installe. La rétractation qui accompagne sa disparition n’est là que pour témoigner d’elle. Elle en est le reflet, la réalité inversée, elle aussi génératrice de frissons, elle est animée de ce même courant vibratoire qui irradie jusqu'au cœur du corps.
Le frémissement c’est le pont, le vortex qui unit yin et yang. Il diffuse, pulse, abolit les frontières. Il me situe au centre et me révèle ma nature d’ondes créatrices.
En frissonnant je m’éveille, j’expérimente la communion des extrêmes, je perçois le froid dans le chaud, le chaud dans le froid. J’accueille l’un en l’autre. Un efface deux, ce deux incongru à l’origine de la séparation et de la multiplicité.
Par la magie d’un rayon de soleil, je comprends qu’il ne peut rien y avoir de plus que Un.
  
Adamante - sacem

09/04/2013

La paix du printemps


Je marchais dans le jardin, libérée de l’hiver et saluant le soleil,
observant autour de moi la construction des nids.

Une aile blanche
à peine un frémissement
là, dans le reflet de l’eau
et dans le vent du printemps
la neige des cerisiers

Un souffle d’air dans mes cheveux me redonnait la sensation de vivre, 
je m’éveillais, m’émerveillais comme une enfant en découverte.

Quelques pas légers
les verts tendres du chemin
tous ces chants d’oiseaux
et cette blancheur si pure
m’emportaient loin de la ville.

J’oubliais alors, la misère, l’injustice, la violence, les promesses jamais tenues d’un monde à la dérive.
Je goûtais la paix.
               ©Adamante - Dépôt SACEM avril 2012