Translate - traduire

30/12/2025

Métamorphose et rêvasserie

 Adamante Donsimoni  - Métamorphose et rêvasserie - ISWC :   T-337.519.586.7



Photo de Françoise Isabel


Métamorphose et rêvasserie

    
    Je rêvasse à ma terrasse. Le paysage m’est familier, tout est à sa place. L’immeuble au fond, gros cube immuable, se dresse, indifférent à mes questions. Ses fenêtres me regardent sans me voir, je fais partie de cet imbroglio qui l’entoure sans le préoccuper.

    Près de lui, se découpant sur le ciel bariolé de trainées roses, oranges et jaunes au déclin du soleil, le résineux, un pin pleureur de l’Himalaya semble-t-il, paraît comme toujours vouloir s’arracher du sol pour aller se planter plus loin. Rencontrera-t-il jamais « le déménageur de forêt » de André Hardelet qui, une nuit, sans faire de bruit, viendrait satisfaire son désir ? À peine gommé du paysage, déjà oublié, il laisserait l’observateur perplexe de n’avoir pas fait plus attention à ce qui était là la veille. Mais quoi ?

    J’en suis là de mes réflexions lorsque soudain ma vue se trouble. Une table s’invite au beau milieu de la cour, paquet cadeau avec ruban, parasol, verres et revue avec la photo du père Noël. D’autres petites choses inconnues diaprées de lumières colorées se superposent à l’image. Où se cache donc la réalité, cette dimension sans surprise et rassurante ?

    Est-ce la magie du second regard qui s’invite pour m’inciter à regarder au travers des objets afin d’y découvrir ce qui se cache derrière ce que nous appelons le réel ? Je le sais bien, la beauté ne se dévoile pas à tort et à travers, elle s’offre à qui ne la cherche pas, au hasard de l’abandon à l’instant qui passe sans passer, comme un point d’orgue se pose sur la partition de nos vies.

métamorphose
il n’est aucun paysage figé-
distraction


Adamante Donsimoni 

Œuvre :   METAMORPHOSE ET REVASSERIE
ISWC :   T-337.519.586.7


D'autres textes sur L'HERBIER DE POESIES  P. 252





08/12/2025

L’arche de la forêt

 Adamante Donsimoni -  L'arche de la forêt - ISWC  T-337.717.931.8


Photo de CAMILLE - via Livia -



    Qu’un éclat de lumière traverse la forêt et mon pas curieusement s’allège. Il semble que les parfums, jusque là endormis, s’éveillent. Les pins s’enchantent, ils libèrent leurs effluves de résine qui s’élancent vers le ciel comme une ode à ses bienfaits.

    J’accueille ces senteurs comme on accueille la vie lorsque l’on attend rien et que l’on est ouvert à tout. C’est là la magie sylvestre qui s’exprime au travers du silence. À peine si le léger crissement de mes chaussures sur le tapis forestier évoque ma présence, je me fond dans le décor. Je suis un arbre qui bouge, traversée par l’ardente sève du vivant.

    Me voici prête à passer le seuil du réel pour pénétrer le rêve. Je le pressens, il suffirait d’un pas, juste un pas pour que s’accomplisse un miracle. Est-ce une illusion ? l’air tout autour de moi se met alors à vibrer jusqu’à matérialiser une arche rayonnante m’invitant à la franchir.

    Une voix au fond de moi murmure : « Suis le chemin, va ! »

    Un pas, juste un pas ! Derrière le passé, devant l’inconnu, dans l’instant le désir fou de pénétrer le monde idéal, de réaliser mon conte personnel, d’expérimenter la liberté qu’offre tout saut dans le vide.

    Passer la porte ! Avancer en confiance sans attache ni crainte. Un pas, juste un pas.


traversée du miroir
rencontre de l’inconnu
le cœur battant.



-7 décembre 2025 - ©musicstart/sacem

Merci de votre visite et de vos commentaires. Adamante 

Le geste qui se fait


d'autres textes ici : L'HERBIER DE POÉSIES


🍁🍁🍁🍁🍁🍁🍁🍁🍁




 

 

26/11/2025

Le geste qui se fait

Le geste qui se fait - Adamante Donsimoni  - ISWC  T-337.867.262.5

💧💦💧

« Nous sommes des rochers dansants. »

    J’aime cette image qui m’évoque ce qu’est de trouver la légèreté dans le poids, la libre circulation énergétique qui ne peut s’exprimer qu’au contact de ce qui est au plus profond de nous quand on ne dirige pas, quand on se laisse s’ouvrir, s’abandonner. 

    Cette expansion naturelle nous amène à prendre conscience que «je» n’est qu’illusoire, création mensongère, fortification isolante et réductrice, génératrice de mal être et de peurs.

    Non ! Ce qui possède la vertu de l’expansion, c’est « nous » car rien ne nous sépare de rien que cette idée que « je » existe. « Je » nous isole mais il n’est qu’un leurre. En prendre conscience c’est trouver cette dimension que nous espérons tous sans pouvoir la nommer, c’est apporter de la fraîcheur dans une pièce confinée en ouvrant grand portes et fenêtres, ce qui libérant la respiration nous libère.

    Au travers du geste, rochers dansants, arbres en mouvement, lorsque nous laissons le geste se faire, sans le pousser, sans le forcer, en l’accueillant, nous entrons en communion avec ce qu’il porte. Lorsqu’à cet instant « je » s’oublie dans « nous », nous comprenons alors que nous sommes exactement à notre juste place, que nous sommes récepteurs et transmetteurs de cette vibration primordiale qui anime tout le vivant. Nous comprenons enfin, sans mot mais avec l’expérience, qui nous sommes.

    Il n’est rien de plus simple et parfois, il est vrai, rien de plus compliqué que d’aborder cette simplicité. Il faut se laisser le temps, apprendre à lâcher, accepter de ne pas tenir, de laisser faire au lieu de faire, de s’abandonner. 

    Lorsque cela se produit on s’aperçoit que ce que l’on découvre est tellement plus que ce que l’on pouvait imaginer.


7 octobre 2025 -©sacem/musictart 🙏 💧💦💧






10/11/2025

​Les passages de la ville

 Les passages de la ville - Adamante Donsimoni - ISWC  T-337.867.282.9 

💧💦💧


tableau : Arnaud Bouchet -Merci Marine-
Visiter la page fb d'Arnaud :     https://www.facebook.com/arnaud.bouchet


​Les passages de la ville

 

que de pas inscrits
combien de paroles perdue​s
au ​l​ong du chemin

les passages de la ville
​m​urmurent le voyage.


©musicstart-sacem 



💧💦💧

Voir la page 250 & 250 bis sur ce tableau ICI HERBIER DE POÉSIES 








03/11/2025

La ville, comme un bateau ivre

 La ville comme un bateau ivre - Adamante Donsimoni - ISWC  T-337.867.310.6

💧💦💧





Merci à Marine pour cette photo d'une œuvre de Arnaud Bouchet;.
Une pensée pour Lui

💫💫💫



     La ville, comme un bateau ivre de son aventure, se dresse au firmament de nos incohérences. Les quelques voiles gelées d’un vaisseau fantôme, qui hante nos mémoires et les légendes de marins, se dressent vers le ciel comme pour échapper à la glace d’un pôle induré dans leur mémoire.

     Tout ici semble se déliter en revenant au port. Le voyage d’Ulysse fut long sans doute avant de retrouver le quai, les lézardes ont buriné la pierre. Les cheveux de Pénélope ont blanchi et tant poussé qu’un tissage arachnéen a englouti la tour, bouché le nez des bâtisses. Tout semble confiné dans cet imbroglio que le temps a pris dans ses filets. Si une cheminée crache encore ses relents de charbon, il semble que ce soit pour obscurcir le ciel. L’enfer a le visage des usines.

     Les fenêtres où des astres se sont pendus, se sont perdus, se sont évanouis n’ont plus le désir de s’ouvrir, mais les portes invitent encore à la découverte, il se cache en elles une lueur d’espoir.

     Le parfum des embruns pénètrent par leurs ouvertures, il nous raconte ces infinis qui glissent, tels des anges de lumière, sur la ligne d’horizon, que l’on pressent et qui se cache, de l’autre côté, de l’autre côté...


horizon vibrant
sur l’indéfini des formes
une vie cachée



26 octobre 2025
©musicstart/sacem


27/10/2025

La conscience d’être

Adamante Donsimoni - La conscience d'être - ISWC  T-337.867.308.2

 



La conscience d’être


    Mes pas se suivaient d’un rythme monotone, sans surprise. Mon esprit, bercé par la musique des graviers qui roulaient sous mes chaussures, s’abandonnait à cette sorte de léthargie qui apaise. La marche vide les pensées. Je longeais le bord de mer lorsque je vis, semblant sortir des eaux, un curieux personnage qui, d’un pas malhabile, tentait de s’aventurer sur la plage.

    Surprise, je m’arrêtais. Je fermais les yeux, puis les rouvris sur ce que j’aurais pu interpréter comme une hallucination. La léthargie nous entraîne parfois vers des lieux hors du temps habituel où des personnages insolites traversent notre champ de vision. Étais-je en train de vivre un épisode d’une rencontre du troisième type ? Avais-je pénétré une autre dimension ?

    Bleu-eau, bleu-ciel, bleu-mer, bleu-verre irisé de lumière, l’eau avait-elle pris forme pour me rappeler, s’il en était besoin, que ma vie, toute vie, partout sur Terre, venait des eaux.

    Ce Poséidon au corps de batracien, ce rêve de l’Océan qui semblait vouloir expérimenter l’envol venait à ma rencontre. À quelques pas de moi il s’arrêta. Nous échangeâmes alors un long regard, et je perçu au fond de moi, fruit de cette communion sans parole, au travers du poids de ma chair, cette légèreté, cette fluidité qui chez moi aussi vivait l’envol. Je vivais la mémoire de l’eau, j’étais cette mémoire, j’étais cette eau façonnée de lumière


dans la vibration
dans l’essence de la vie
la conscience d’être


La conscience d'être
Adamante Donsimoni
ISWC  T-337.867.308.2
25 octobre 2023
©musicstart-sacem



14/10/2025

Nous sommes imparfaits

Adamante Donsimoni - Nous sommes imparfaits -ISWC  T-337.895.786.5



Huile/toile ADAMANTE

 

   Pas de regret, pas de mea culpa ! 

    Toute erreur est un pas de plus vers la compréhension, l’écueil nécessaire pour se parfaire, pour lâcher, éviter le jugement intrinsèque au regret.

   Qui tend vers la perfection ignore quel est son visage. Elle revêt peut-être la forme de nos rêves parés de nos limites.

   Nous sommes imparfaits, c’est à n’en pas douter ce qui est grandiose, sans cela je le crains nous serions inutiles. Mais à quoi ?





Adamante Donsimoni - Nous sommes imparfaits - T-337.895.786.5
©sacem-15 août 2025



13/10/2025

Au travers du brouillard

 Adamante Donsimoni - Au travers du brouillard - ISWC   T-340.350.675.8


©ADAMANTE

  
    Les lumières de la ville transpercent le brouillard. Décor fantomatique qui laisse apercevoir, dans un flou ténébreux, une muraille aux paupières closes et quelques trouées de vie en quête d’horizon. 
    Le ciel cherche à s’éclairer mais la grisaille a cette force de voiler les énergies des plus téméraires, on ne peut que le discerner, le rêver au travers de la nuit humide. On imagine les pavés glissants, le souffle court d’un passant et la menace, tapie dans l’ombre d’une ruelle mal famée, suintant de portes vermoulues que l’on croise sans s’arrêter.
     Il semble se livrer là l’éternel combat du bien et du mal, couple antédiluvien opposé et pourtant si complémentaire, unité contrariée de ce qui va par deux et souvent le refuse. 
    L’ombre et la lumière ne peuvent aller l’une sans l’autre dans la dimension humaine

             dans l’écrin de l’ombre
                des diamants sont cachés -
                la quête du cœur.


Adamante Donsimoni - Haïbun


Au travers du brouillard - ISWC   T-340.350.675.8
©musicstart-sacem




23/06/2025

Saisir le temps

 Saisir le temps - Adamante Donsimoni - ISWC  T-333.297.464.4

    



Saisir le temps

 

    Ils marchaient dans la rue sans regarder autour d’eux, soucieux d’idées occupant leurs esprits agités. Certains sautillaient, oublieux de l’ancrage, stressés, déracinés, fragiles ; d’autres traînaient leurs semelles comme s’ils voulaient en abandonner une partie au bitume, ceux-là sans doute, épuisés par leur vie, eussent voulu ramper, tracer leur chemin en sous-sol pour se faire oublier ; les enfants quant à eux piaillaient en agitant les bras comme pour chasser ces boisseaux d’ombres émanant de l’univers adulte polluant l’espace. 

   Moi j’observais la rue, j’en captais les moindres détails. C’est alors qu’une femme tirant un lourd caddie, perdue dans ses pensées, et sans doute pressée de regagner son foyer, me frôla. Elle s’excusa. Nous échangeâmes un sourire puis elle s’éloigna. 

   Cette halte, à moins que ce ne soit ce sourire, m’entraîna dans une dimension parallèle.

   Face à moi, sur le mur d’un ancien garage désaffecté, je le vis surgir. Mais qu’était-il ? Je découvrais un cheval à tête de dragon accompagné d’un moine, sans tête, dont le bras semblait lui interdire mon approche. Je percevais la fougue, voire la rage, lorsque je crus entendre claquer les dents de cet étrange destrier, des dents qui semblaient désireuses de dévorer le monde qui était le mien, ce monde arrivé à épuisement à force de destructions, à force de mépris du naturel. 

   Je restais là, interdite, ne sachant plus où moi-même je me situais. Avais-je passé une frontière interdimensionnelle ? Et cette vibration exaspérée, face à notre comportement irresponsable, n’indiquait-elle pas, plutôt qu’une menace, le désespoir d’une autre forme de vie plus empreinte de sagesse ? 

   Étrange sensation que de se perdre dans un espace aussi incertain que celui-ci.


Le vrai le faux - le flou 

l’indéfini du temps

vérités multiples


au cœur des no man’s land

tout parait si insaisissable. 



Saisir le temps 

Adamante Donsimoni 

                      ISWC  T-333.297.464.4 

20 juin 2025 ©sacem 


L'Herbier de poésies Page 247

11/06/2025

La messagère

 

La messagère

 

   Elle était venue se poser là, près de moi, à mes pieds, sans bruit. Moi, je rêvassais sous un soleil matinal encore timide que le vent, parfumé d'Océan, n'arrivait pourtant pas à rafraîchir. 

   Les beaux jours palpitaient déjà au cœur des herbes. Je percevais que dans cette nature bousculée par les éléments tout désirait l'amour, la tendresse, la caresse. En mon cœur aussi je ressentais l'appel mais je ne pouvais gommer cette crainte insidieuse qui frappe parfois les esprits les plus confiants. Contre toute attente j'étais ici à percevoir, à éviter de réfléchir. L'abandon est un état tellement agréable. C'est alors que je l'ai vue, curieuse, comme sortant d'une raie de ces planches burinées par la pluie et le sel marin. 


l'esprit de la lande
petit chapeau paysan
feuille morte messagère

 

tout se fane et se corrompt 
il n'est autre que l'amour.

 


LA MESSAGERE

Adamante Donsimoni

ISWC T-333.076.278.8 

10 juin 2025 ©sacem


L'Herbier de poésies 246