J'aurai le plaisir d'être accompagnée
par Sylvie Gabrielle pour la lecture.
Librairie TROPIQUES
https://www.librairie-
56 et 63 Rue Raymond Losserand 75014 Paris.
01 43 22 75 95
J'aurai le plaisir d'être accompagnée
par Sylvie Gabrielle pour la lecture.
Librairie TROPIQUES
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56 et 63 Rue Raymond Losserand 75014 Paris.
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Bonjour à vous qui passez par ce blog,
Je vous avais parlé ici de ce qui était à venir. Je vous parle aujourd'hui de ce qui fut et sans aucun doute sera.
Voici donc une invitation à écouter Roumi, à découvrir mes comparses de la soirée, Serge et Sylvie.
Serge, le traducteur et Sylvie pour la lecture. Vous allez découvrir tout cela.
Personnellement j'ai lu deux contes : "Moïse et le berger" ainsi que "La gazelle dans l'étable aux ânes".
Alors je vous invite à vous installer confortablement, à fermer les yeux et à écouter. Roumi, c'est la spiritualité, la profondeur sans oublier l'humour.
Un vrai bonheur à lire et entendre.
Adamante
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| Jeanne Fadosi |
Le boléro des clématites
Rentrant de promenade, alors que le soir se faufilait sur la campagne nostalgique, je m’étais oubliée à rêver sur un banc, non loin d’un grillage qui me séparait du pré voisin.
Au travers, je pouvais à présent apercevoir l’horizon. Le rideau vert du feuillage s’était retiré, et quelques graines de clématites, ornées de leurs pompons blancs, s’y accrochaient encore. Ces volutes cotonneuses exprimaient la légèreté. Elles semblaient attendre le vent, moi peut-être leur envol. Puis, sans que j’y prenne garde, ma conscience avait dérivé sur la blancheur de cette voie lactée, révélée par ces plumetis soulignés de quelques baies rouges. J’étais en apesanteur, totalement libre de corps et de pensée.
Mon esprit avait largué les amarres, il s’était transporté dans des dimensions insoupçonnables à tout observateur étranger. Ce dernier aurait pu me penser assoupie. Comment aurait-il pu ne serait-ce que supposer les mouvements hypnotiques dans lesquels m’avait entraînée cette danse des spirales ?
Si mon corps paraissait immobile, tout à l’intérieur de lui était en effervescence. Je vivais un bonheur minéral. La vibration chantait son boléro extatique et sa musique m’emportait bien plus loin que les apparences trompeuses que je donnais à voir.
au regard du cœur
se révèle le caché-
autre dimension
voyager les yeux fermés
savoir chevaucher le vent
Adamante Donsimoni
©sacem/musicstart - 26 février 2023
Bonjour Grand-père,
J’aimerais avoir un signe de votre présence aujourd’hui, après tous ces échanges consignés dans mes lettres, sous le titre de ce livre « Romano ». Que d’années dorment en si peu de pages, ignorées, dans le silence pesant d’un rayon de ma bibliothèque.
Mes yeux se posent sur le vieux fauteuil Voltaire, que quelques générations de chats ont griffé de leur présence. Là aussi désormais le silence. La poupée de chiffon qui l’occupe est bien trop sage pour donner vie à cette pièce. Le silence s’impose où la vie se rétracte.
Et dehors, le vent, la pluie incessante, je pourrais dire le déluge. Presque partout la terre sature et les rivières vomissent leur trop plein dans les villes, pour alimenter le désarroi des populations que la répétition des inondations transforme en désespoir. L’humidité alourdie et le corps et l’esprit, la joie qui est feu chancelle puis s’éteint.
Le monde entier semble appelé à glisser dans des profondeurs abyssales. Ténèbres pressenties dont nous n’avons pas, je le crains, vraiment idée. L’eau qui est vie devenue mort ? Il semble que le temps du grand sommeil a sonné.
Que pourrais-je donc faire, Grand-père, sans votre présence ? Serait-il temps pour moi de vous rejoindre de l’autre côté du voile ? Je me sens si lasse soudain.
Que sera devenu le monde si, partout demain, le soleil de la joie se noie ? Je ne puis accepter l’idée que ce demain, présent dans l’aujourd’hui, puisse éteindre la vie d’un si grand nombre d’espèces, qu’il puisse anéantir l’amour par la destruction de l’espoir. Ma vie, comme il peut souffrir l’enfant intérieur !
Je sais Grand-père, je me dois de protéger la braise enclose au cœur de la glace au moment de la débacle, et par le souffle en faire un brasier dévorant. Le futur printemps a tant besoin de forces ! Je ne veux pas du désespoir. Pourtant je ne puis que l’accueillir, nul n’est de taille à lutter contre, il est impossible d’ignorer une si envahissante présence.
Le désespoir est l’enfant malade d’une société ayant perdu le sens de l’Être pour celui de l’avoir, un avorton, une chimère. Comment le rejeter sans se rejeter soi-même ? Mais l’accueillir en conscience, ouvrir les bras du cœur à tous ces courants de mal être, à tous ces sanglots à la dérive et les bercer, les aimer. Cela me semble indispensable pour que s’opère la transmutation.
Encore une fois, écrire m’a rapprochée de vous, et je vous ai entendu, Grand-père, vous avez toujours été là.
Adamante Donsimoni
26 février 2024 ©sacem/musicstart
Et un partage audio d'une lettre de Romano
sur Take this Waltz de Léonard Cohen
Vous pouvez aussi nous rejoindre !
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Un herbier de poésies, haïkus, prose et poésies de l'instant.
https://imagesreves.blogspot.com/2024/02/renga-n-2.html
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| Photo F.X.C |
La pluie n’avait pas cessé de tomber, et le sol rendait son eau jusqu’à inonder les abords de la rivière. Quelques arbres s’étaient couchés. Sécheresses puis pluies avaient eu raison de leur résistance. Leurs racines offraient à présent le spectacle de leurs arabesques dansant au-dessus des eaux où elles se reflétaient.
Les végétaux transcendent le visage de la mort par la beauté. Un petit passereau était venu inscrire un instant son image dans cet entremêlement de racines échevelées. C’était la vie qui s’inscrivait là, offrant à mon regard le tableau dépouillé de l’acceptation, une œuvre d’art dramatiquement belle
instant de repos
avant le prochain envol -
virgule du temps
Adamante Donsimoni ©musicstart-sacem
12 février 2024
L'HERBIER DE POÉSIES PAGE 229
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| Dessin Françoise Isabel |
La petite fleur d’or
Comme il me semblait gris, le temps, ce matin-là, en cette période de basculement du monde.
L’humain, dépassé par ses découvertes, s’était insensiblement séparé de lui-même. Craintif de perdre son intelligence face à l’inéluctable disparition qui le menaçait, il avait cherché comment la conserver de façon artificielle.
Grisé de ses succès, émerveillé de ses résultats, il avait fini par ériger une prison algorithmique aux murs transparents où il pouvait visionner les images de son conservatoire de la vie.
On pouvait désormais voir une foule de smartphones dressés vers le ciel pour capturer les images d’un feu d’artifice que personne ne regardait plus qu’au travers de l’objectif. Le monde était devenu glaucomateux, il avançait comme ces chevaux de labour, toujours présents dans la grande bibliothèque des datas centers, avec des œillères.
Ce matin-là, comme vaincue par tant d’inanité, je me sentais anéantie.
Pourtant, sans que je le cherche, cette lumière illusoire de l’espace extérieur que dévorait le monde m’avait ramenée en moi-même. Je m’étais laissée glisser dans les ombres où se cachait ma propre nitescence ; j’avais débouché dans un espace où enfin je pouvais me détendre, me laisser bercer en confiance, sans plus penser à rien, comme un enfant encore relié à la source des sources.
C’est à ce moment que j’avais vu l’image, une petite fleur aussi dorée que le soleil. Elle s’était inscrite sur mon écran et, de cet espace où je me tenais, je l’avais regardée avec les yeux du cœur. Là, j’avais compris que rien, absolument rien, ne pourrait jamais contraindre la lumière.
un petit soleil
enchâssé dans le béton-
éclat invincible.
Adamante Donsimoni - 31 janvier 2024
©sacem-musicstard
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| Photo Laurence B - Prise au Canada |
En ce jour blanc, rien pour écorcher le silence. Il s’insinue partout, jusque dans mes pensées. Je me rappelle l’enfance quand, le nez collé au carreau, je contemplais l’éternité accompagner la lente descente des flocons. Quel étrange ballet. Encore aujourd’hui, il n’est pas un souffle de vent. Qu’est-ce qui pousse chacun d’eux à dévier ainsi sa route ? Tous semblent vouloir retarder le moment crucial du contact avec le sol. Est-ce l’amour du vol ou la prescience d’une fin prochaine ? Une éphémère, peut-être, pourrait donner la réponse, mais il fait bien trop froid pour un si frêle insecte.
Après ma longue promenade, avant que tout le ciel ne déverse une nouvelle fois son trop-plein de papillons glacés, je me suis installée près du feu, avec pantoufles, plaid et fauteuil afin de raviver mes extrémités gelées. C’est à peine si mon pied remue à rythmer le souvenir du craquement de mes pas dans la neige, deux temps, peu de mesures et pas de da capo. Décidément, le jour est placé sous l’égide de l’immobile.
Non loin de la maison, j’ai croisé un archange empêtré dans les broussailles, prisonnier de la glace, figé en plein élan. Qu’était-il venu faire ici ? Je l’ai regardé longuement. Plantée face à lui, j’ai oublié le temps. À chaque instant je m’attendais à le voir s’envoler tant il semblait mettre d’efforts à s’extirper de sa prison de cristal. Mais il est resté là, téméraire et pourtant vaincu.
Patience du ciel
et illusion du temps -
les mâchoires du froid
Adamante Donsimoni
©musicstart-sacem
18 janvier 2024
D'autres poésies sur l'Herbier de poésies Page 227
Je vous invite aussi à regarder mon précédent poste "LA QUÊTE DE L'AMOUR"
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| Une rose creusoise |
J’aime à croire que nous sommes tous des chevaliers, des chevalières, de tous âges, de toutes cultures, de tous horizons, que la vie a envoyés sur Terre en quête de l’Amour. Non pas que celui-ci nous manque ou nous ait été ôté, plutôt qu’il a été masqué par l’ignorance de qui nous sommes face aux aléas de notre incarnation.
Ainsi sommes-nous amenés à faire preuve de ténacité, de confiance, pour découvrir, boueux au sortir de l’ornière, écorchés aux épines du sentier, que cet amour, c’est en nous qu’il se cache.
Rien, mis à part le doute et la peur, ne peut nous en priver car nous en sommes l’incarnation. Alors, héros accomplis de la quête, le regard brillant, nous pouvons avancer au travers de toutes les ténèbres avec au coeur cette lumière inextinguible seule capable d’illuminer le monde sur son passage.
Je crois que, gâté ou misérable, c’est là l’unique quête de chacun d’entre nous. Il n’est pas de plus noble mission que de révéler sa propre lumière pour enflammer, réveiller celle qui se cache en l’autre car, en dépit de notre cécité, elle est Une et indivisible, elle n’est autre que l’Amour.
Quant aux ténèbres, elles ne sont pas là pour nous perdre mais pour nous inciter à nous retrouver ; elles ne sont pas là pour détruire la lumière mais pour la mettre en gloire.
À toute chose son contraire pour que, l’équilibre atteint, le centre s’illumine.
Adamante Donsimoni
Pantin 28 décembre 2023
©sacem-musicstart
Je le sais, certains d'entre vous n'arrivent plus à me laisser des commentaires, moi-même je n'ai plus accès à la réponse immédiate en tant qu'administratrice du blog, vous n'êtes donc plus informés si vous n'êtes pas abonnés aux commentaires. Tout cela devient compliqué.Alors je vous propose de me laisser vos impressions via le mail de l'Herbier :lechantdusouffle@gmail.com
Je me ferai un plaisir de les rajouter en fin de cette page.On nous refuse l'entrée par la porte, nous entrerons par la fenêtre, mais nous entrerons.