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19/11/2013

Et soudain l’évidence


Au-delà de la mort
des murmures
les paroles d’un maître
désincarné
enseignement sans mot
ultime sagesse offerte à l’écoute

Par-delà l’illusion
soudain
la certitude
la joie profonde
la paix
la tendresse originelle
tout est si calme

Le métro pourtant
charrie ses flots humains
je lis sur les visages
ternis par les laideurs
la beauté des êtres
je perçois cette racine enfouie
de l’essence sublime
je vois l’espoir
vivant
autour de moi chacun le porte en lui
il ne peut que fleurir
annihiler les peurs
conjurer la folie
c’est écrit
sur ces visages
derrière ces regards fatigués

C’est écrit.

©Adamante sacem - 2013


14/10/2013

Quitter la brume

Quitter la brume
retrouver la fraîcheur
la liberté
cette vacuité
« impressions petits matin »
tête apaisée
vivifiée
la brise
renouveau
bien être d’enfance
neuf chaque jour
pas d’avant
pas de pollution
l’heure
toujours première
toujours nette
sans interférence
pas d’horizon trouble
d’atmosphère viciée
sourire de soleil
total
sans arrière pensée
sans soupir
sans crainte
pur
dressé
comme une herbe
naturellement
spontané
comme un chant
anonyme
dans le feuillage
en paix
comme l’arbre
assuré dans ses racines
planté

sans avant
ni après.
       ©Adamante 7/09/2013 Sacem



06/09/2013

Pour Nelson Mandela

Acrylique sur bois - collection privée - ©Adamante

J’ai vu le doigt d’un homme 
qui, de sa prison
montrait à son peuple 
le chemin
vers la liberté

J’ai vu la main d’un Sage
au regard de lumière
caresser les espoirs
des peuples

J’ai vu l’aura d’un Être
rayonner sur le monde
la vibration de l’Un
une étoile
une lumière traversant la lumière
pour tracer un chemin
vers l’égalité

J’ai entendu sa voix
porteuse d’horizons
libres et infinis
et j’ai su que la vie
et j’ai su que l’amour
n’étaient pas que des mots
et de vagues promesses
et j’ai su que demain
ici
au pays de la Terre
une colombe viendrait
pour guérir
la meurtrissure des peuples
et que la paix enfin éclorait du chaos
et que l’humanité 
rêvée par une indéfinie conscience
naîtrait enfin
libre
simplement libre.       

         ©Adamante SACEM

09/08/2013

Fait divers


Les hauts de Pantin
une femme
elle pleure
soutenue
par un flic
je suis à ma fenêtre
un tel désespoir
cela touche
elle vomit
cela sent la mort
le drame
sans doute
un enfant
qui a mal tourné

Je le saurai plus tard
en écoutant la radio

Pour l’instant
je ne sais rien
je m’interroge
le quartier est verrouillé
la police est partout
pompiers
samu
attendent
les passants s’arrêtent
s’inquiètent

Un hélicoptère
nous observe
à peine s’il bouge
en vrombissant
c’est lui
qui m’a alertée

Un fait divers
« deux hommes en moto
ont descendu un jeune de vingt ans
connu des services de police… »

Je soupire

Ce soir
une mère pleure
victime
désemparée
d’un monde
à la dérive.

08/08/2013

La vague

Pour toi


La vague
vague
solitaire
solidaire du flux
roule
s’enroule
lèche le rivage
caresse
rudesse

Elle bouscule
sable
coquillages
brindilles 
emporte les tourments

s’éloigne
puis
forte d’un nouvel élan
ressourcée
équanime
rapporte à la rive
la quintessence
de
la
paix.




04/08/2013

M. MANDELA - LE LIVRE




Voici une interview de Paul Dakeyo et Adamante, réalisée par RFÔ
et diffusée le 6 juillet 2013 à l’occasion de la sortie du livre
Monsieur MANDELA 
Ed.Panafrika/Silex/Nouvelles du Sud

Un hommage de 51 poètes du monde entier (dont je suis)
  à cet homme exceptionnel qui est un exemple
pour l'humanité.





 Un lien qui en parle

dessin de couverture : Adamante








28/06/2013

Le plafond


Enfant je m’endormais en voyageant dans les mots de silence que me chuchotait le bois du plafond.

Chaque soir une nouvelle histoire surgissait et m’emportait dans sa patience de veine au souvenir de sève. Cette respiration de l’arbre était écrite là, sous mes yeux, elle était témoignage pétrifié des strates des saisons. J’y lisais les irrésistibles appels des printemps qui poussent la nature à ascendre, animée de ce désir frénétique de se mêler au ciel ; les stridulations brûlantes des étés qui accompagnent les transformations vibratoires d’un monde de fougue épris d’expériences nouvelles pour expérimenter la touffeur explosive des orages puis les langueurs assouvies qui y succédaient ;  la plénitude des automnes accomplis, monarques des lumières et des saveurs, souverains avertis parés d’or et de rouille ; l’alchimie des hivers méditants et cavernicoles, dont le moindre souffle est avancée -infime mais péremptoire, vers la liberté des surfaces allongées au grand jour-,  traversée des ténèbres, initiation des feux descendus de l’éther lutter contre les eaux et ressortir vainqueur, ressourcé et neuf pour recommencer le cycle diurne des transformations.

Je comprenais à lire ce ciel de ma chambre que tous les Êtres, qu’ils soient de chair et de sang, de racines et de branches, portaient en eux les stigmates de ces forces qui les inscrivent dans le grand cercle de la vie.

Et ces histoires, ces épopées, naïves ou enchantées, qui m’emportaient chaque soir vers les rives du sommeil, n’étaient rien d’autre, -avec des personnages différents-, que l’expression de ces forces, une représentation de ce cercle,  que me racontait le plafond.

Il n’était aucun signe, aucun visage qu’il me montrait qui échappa à la règle. Si je n’en étais pas consciente alors, je savais que moi-même, en passant de la veille au sommeil, de mon matin à ma nuit, je ne faisais qu’accomplir ce cycle, en plus petit, en plus modeste, qui est le lot de tout ce qui vit et vibre.

Je pressentais que la mort avait sa place dans cette nuit, dans cette traversée des ténèbres, dans cette célébration d’un rite initiatique et confondant. Je pressentais que cette mort ne pouvait être que l’abandon de la lutte du feu contre l’eau redevenue souveraine, reprenant son bien, l’emportant vers un ailleurs qui nous interroge.

Je craignais pourtant que cette initiation d’un sommeil, similaire à ceux qui m’emportaient chaque soir, ne débouchât pour moi sur une nouvelle naissance, m’échouant sur une autre rive, un autre monde, où peut-être un hiver accouche d’un printemps pour poursuivre ce rite incessant des transformations et des engendrements.
Je ressentais cette crainte d’abandonner, de perdre, ceux qui m’accompagnaient ici et que chaque matin me faisait retrouver, soulagée.
Chaque soir me voyait m’aliter en espérant, sans y croire, une éternité de la vie telle que je la vivais le jour.
Mais le plafond fascinateur l’emportait toujours sur ma crainte et je plongeais, sans même m’en apercevoir dans ce sommeil si riche en questions restées sans réponses.

©Adamante

                                                          Un livre dans lequel je suis publiée 

                                                          Un article qui en parle


06/06/2013

Kayapos



Kayapos
un peuple
d’eau et de forêt
la terre
mère

Kayapos
contre le barrage*
contre les barrages

Kayapos
celui
qui nourrit son corps
du venin des guêpes

Kayapos
celui
qui ne craint pas
le venin des hommes

Kayapos
attaque le nid
piqûres des guêpes
dards
et
douleur
fatigue
et
courage
résister
protéger la rivière
contre le venin
plus de paresse
dans le corps
résister
se battre
vaincre
faire barrage
au barrage*
aux barrages

Kayapos
la nuit
la lune se marbre
de l’ombre
des feuilles

Kayapos
la forêt
la nuit
la voix de l’Esprit

Kayapos
sauver la rivière
pour protéger
la forêt
du monde
de l’indifférence générale
du pillage
de la destruction

Kayapos
celui
qui nourrit son corps
du venin des guêpes

Kayapos
celui
qui ne craint pas
le venin des hommes

Kayapos
contre les barrages

Kayapos
celui qui montre
au monde
le chemin
des hommes
le chemin
d’homme
le chemin
de l’homme
celui de la vie.

©Adamante


*le barrage de Belo Monte au Brésil

07/05/2013

L'oiseleur du temps - Jacques Lacarrière



Spectacle basé sur les textes de Jacques Lacarrière
 rythmé par la rencontre d'instruments de musiques de deux mondes


La vie et l'écriture. L'amour et l'écriture. L'ailleurs et l'écriture.
Pas d'ambition. Pas de concessions. Peu d'argent. Beaucoup d'amour. Beaucoup d'amis. Pas de calculs.
Refus des gloires enviées. Des itinéraires préparés. Des chemins publics. Des compromissions. Des institutions.
Écrire seulement pour être. Pour s'engager. Vers les autres. Avec les autres. Écrire pour dériver de l'homme ancien. Écrire pour dériver vers l'homme à naître. Rien d'autre.
Sourates, Ed. Fayard


01/05/2013

Paroles de Source



Les cordes
trop tendues
de ton esprit
grincent
pression répétitive
infernale
d’un archer fou
qui t’envahit de ses discordances.
Pas de repos
pas d’éclaircie
la solitude
le dégoût des non dits
des mensonges
des médisances
du mépris…
Prise dans ce tumulte
ballottée d’espace désaccordé
dans ce trouble de l’éther
ne sombre pas !
Ne cède pas
aux désillusions
aux attentes
aux rancœurs
tout cela n’est que mensonge.
Regarde vers l’azur
n’importe quel azur
pourvu qu’il soit silence
pourvu qu’il soit paix
pourvu qu’il soit eau
surface plane
reflétant un ciel neutre.
Tu dois t’extraire du monde
ne pas t’avilir à attendre
résister par l’abandon
confiant
à l’indéfini.
Jamais rien ne viendra
jamais
que de toi.
Tu es ta propre source
ton unique source
en toi réside l’infini
en toi réside ce plein
que d’aucuns
parfois
vampirisent
te laissant
seule
épuisée
avant même que tu en prennes conscience.
Relâche !
Il ne sert à rien de tenir
Relâche !
Il ne sert à rien de te plaindre.
L’instant emporte
toujours
avec lui
l’instant d’avant.
Ainsi il te libère.
Ne prolonge pas celui du trouble.
Relâche !
Et si tu parles
parle de soleil
d’espoir
de joie
de tendresse
Que tes mots soient purs
libres de tout passé
neufs
toujours renouvelés.
N’oublie pas
tu crées
par eux
par tes pensées
par tes silences.
Relâche !
Ton chemin
plus que tout autre
est solitaire
sans chapelle
sans rail
sans tracé apparent.
Au plus fort de la tourmente
par la vertu
de ces quelques mots égrainés
tu retrouves ta route.
Un sourire naissant te l’indique.
Aie confiance
là est ta place.
©Adamante