La conscience d’être
dans la vibrationdans l’essence de la viela conscience d’être
dans la vibrationdans l’essence de la viela conscience d’être
| Huile/toile ADAMANTE |
Adamante Donsimoni - Au travers du brouillard - ISWC T-340.350.675.8
| ©ADAMANTE |
Saisir le temps - Adamante Donsimoni - ISWC T-333.297.464.4
Saisir le temps
Ils marchaient dans la rue sans regarder autour d’eux, soucieux d’idées occupant leurs esprits agités. Certains sautillaient, oublieux de l’ancrage, stressés, déracinés, fragiles ; d’autres traînaient leurs semelles comme s’ils voulaient en abandonner une partie au bitume, ceux-là sans doute, épuisés par leur vie, eussent voulu ramper, tracer leur chemin en sous-sol pour se faire oublier ; les enfants quant à eux piaillaient en agitant les bras comme pour chasser ces boisseaux d’ombres émanant de l’univers adulte polluant l’espace.
Moi j’observais la rue, j’en captais les moindres détails. C’est alors qu’une femme tirant un lourd caddie, perdue dans ses pensées, et sans doute pressée de regagner son foyer, me frôla. Elle s’excusa. Nous échangeâmes un sourire puis elle s’éloigna.
Cette halte, à moins que ce ne soit ce sourire, m’entraîna dans une dimension parallèle.
Face à moi, sur le mur d’un ancien garage désaffecté, je le vis surgir. Mais qu’était-il ? Je découvrais un cheval à tête de dragon accompagné d’un moine, sans tête, dont le bras semblait lui interdire mon approche. Je percevais la fougue, voire la rage, lorsque je crus entendre claquer les dents de cet étrange destrier, des dents qui semblaient désireuses de dévorer le monde qui était le mien, ce monde arrivé à épuisement à force de destructions, à force de mépris du naturel.
Je restais là, interdite, ne sachant plus où moi-même je me situais. Avais-je passé une frontière interdimensionnelle ? Et cette vibration exaspérée, face à notre comportement irresponsable, n’indiquait-elle pas, plutôt qu’une menace, le désespoir d’une autre forme de vie plus empreinte de sagesse ?
Étrange sensation que de se perdre dans un espace aussi incertain que celui-ci.
Le vrai le faux - le flou
l’indéfini du temps
vérités multiples
au cœur des no man’s land
tout parait si insaisissable.
Saisir le temps
Adamante Donsimoni
ISWC T-333.297.464.4
20 juin 2025 ©sacem
L'Herbier de poésies Page 247
La messagère
Elle était venue se poser là, près de moi, à mes pieds, sans bruit. Moi, je rêvassais sous un soleil matinal encore timide que le vent, parfumé d'Océan, n'arrivait pourtant pas à rafraîchir.
Les beaux jours palpitaient déjà au cœur des herbes. Je percevais que dans cette nature bousculée par les éléments tout désirait l'amour, la tendresse, la caresse. En mon cœur aussi je ressentais l'appel mais je ne pouvais gommer cette crainte insidieuse qui frappe parfois les esprits les plus confiants. Contre toute attente j'étais ici à percevoir, à éviter de réfléchir. L'abandon est un état tellement agréable. C'est alors que je l'ai vue, curieuse, comme sortant d'une raie de ces planches burinées par la pluie et le sel marin.
l'esprit de la landepetit chapeau paysanfeuille morte messagère
tout se fane et se corromptil n'est autre que l'amour.
LA MESSAGERE
Adamante Donsimoni
ISWC T-333.076.278.8
10 juin 2025 ©sacem
Adamante Donsimoni - ISWC T-331.119.149.4
Du dedans retrouve le ciel
En toi est l’infini
L’horizon qui s’étire
Tout au long de ta vie
Et sur lequel
Comme un oiseau au long cours
Tu planes en observant le monde
Chaque mouvement est un enseignement
Chaque rencontre une lueur
Grotte aux merveilles ou paradis
Afin d’éviter l’enfer
Du dedans
Il te faut retrouver le ciel
En toi
Et t’y baigner
Il n’est nul autre endroit
Où retrouver la paix
Du dedans retrouve le ciel
Et prie
Non pour avoir
Mais rayonner ce trop plein d’amour qui se donne
Sans jamais rien te demander
Du dedans retrouve le ciel
Car c’est ici que tout se crée
Qu’en germe sont tous les possibles
Sans jamais te désespérer
Dans le grand athanor de l’espoir
Qui est foi en la vie
Du dedans retrouve le ciel
Et sois.
©sacem
8 mars 2025
| Photo ABC |
« Sans sortir de chez lui, le sage connaît les hommes »... ces mots que l’on prête à Lao Tseu conviennent parfaitement aux arbres. Plantés là, quelque part sur une portion de terre, ils poursuivent leur patiente ascension vers le ciel tandis que de leurs racines ils tissent, dans l’obscur silence du sol, un réseau complexe pour se rattacher à la vie commune du végétal.
Ce péritoine de la Terre, cette wifi souterraine sont bien trop spirituels pour que la grossière humanité puisse en percevoir toute la présence ou en concevoir le sens.
Ce message que j’ai capté en le croisant, alors que dressé au travers d’une masse épineuse qui me semblait vouloir le contraindre il s’élevait sans opposer de résistance, avec l’abandon que confère la véritable force, m’accompagne encore de sa sagesse.
L’abandon, ne jamais se dresser contre mais accueillir, comme la branche accompagne le vent dans la tempête, s’incline en recevant la pluie, rompt parfois quand la matière atteint son point de rupture et que le temps de tirer sa révérence est arrivé.
- Dis-moi l’arbre, te sens-tu impuissant parfois, incompris, inutile, plombé de peines comme je peux l’être à l’orée de la catastrophe annoncée dont on perçoit déjà bien plus que les prémisses ?
- Le ciel est encore bleu, et bien que le sang se retire, que la sève se dessèche, l’appel de la vie est toujours impérieux. Et puis, comme souvent, l’éloignement du cœur nous ramène en plein cœur, à l’endroit juste où, au-dedans, le ciel illuminé n’est plus attente mais offrande. Là, le géant devenu lilliputien découvre sa véritable puissance et conscient de tout avoir n’attend plus rien.
racine en chaos
en tout germe est un mort
le juste retour
| Tim Burton |
Passe muraille
En regardant l’image, je m’étais endormie. J’avais piqué du nez dans le rêve et m’étais mise à circuler dans quelques nébuleuses. De toute évidence celles-ci ne voulaient pas offrir à ma vue les détails de l’anatomie des personnages qui glissaient en elles comme cerises baguenaudant dans de la Jelly.
Tout se faisait furtif et cela me mettait mal à l’aise. Je voulais savoir. Mais vouloir n’étant pas pouvoir je restais là, un peu désorientée, dans cette brume fantasmagorique qui me donnait le vertige.
Le chat ronronnait près de moi, heureux que je le retrouve dans son occupation favorite habituelle : dormir sur le canapé.
Cela eut-il une influence sur le devenir de mon aventure onirique ? Sans nul doute. Je suppose que l’esprit s’arrime dans notre réalité avant que de s’envoler vers ces contrées confuses où de toute évidence il aime à s’égarer pour vivre des aventures parfois plus que rocambolesques.
Toujours est-il que soudain je me suis retrouvée dans l’univers de Marcel Aymé.
J’aperçus la pièce, ainsi que je l’avais imaginée en lisant, où apparaît pour la première fois l’honorable Monsieur Dutilleul, rond de cuir au Ministère de l’Enregistrement. Des rideaux à grosses fleurs roses, tels qu’en raffolaient le monde au début du XXème siècle, encadrant une fenêtre donnant sur le bleu du ciel. Un chat noir était là qui grattait la moquette de toute son ardeur féline, c’est-à-dire non contenue. Quelque pet s'échappant du matou contraria une mouche.
C’est alors qu’apparut, semblant sortir du mur à la peinture défraîchie qui me faisait face, le visage d’un homme qui observait la scène.
Était-ce le fameux passe-muraille qu’aucune densité matérielle ne pouvait arrêter ? Je me mis à vibrer d’impatience à l’idée de connaître son secret...
C’est à ce moment précis que mon chat décida de me réveiller en manifestant une impérieuse envie de jouer.
fugacité du rêve
sur l’infini de l’illusion
le vent souffle
| Photo adamante |
La sylphide des bois
Je marchais vers le soir dans les bois près de la maison. Le soleil, généreux durant le jour, tardait à se retirer, il dardait ses derniers rayons au travers de la futaie. C’est alors que je l’aperçus.
Comme ensorcelée, encore inconsciente de ma présence, elle semblait interpréter une danse rituelle, c’était comme si elle s’enroulait dans les derniers reflets de l’astre finissant. Je retenais mon souffle.
Ses voiles étaient de feu, elle ne les ôtait pas, elle en revêtait sa nudité. Je ne voyais là nul besoin de séduire, juste le désir d’honorer qui rayonnait au travers de la délicatesse de ses mouvements. Sous chacun de ses pas, la terre irradiait, l’instant était à la grâce. La moindre mousse, la moindre feuille, le moindre pépiement, il n’était pas jusqu’au silence qui ne participait au sacre de la lumière.
Dans ce bois où commençaient à se faufiler quelques ombres, tout me parut soudain illuminé. J’étais sous le charme. Comme j’avais envie de la rejoindre, de me mêler à la cérémonie glorifiant cette fin du jour !
N’étant pas de la forêt, je résistais de toute mon âme à la force qui me poussait à franchir cette barrière entre nos deux mondes. Je savais bien que ma place était ailleurs, qu’ici je n’étais qu’une intruse, mais j’étais comme hypnotisée, je ne m’appartenais plus.
J’esquissais un pas, une brindille craqua et la belle m’apercevant disparut.
un rideau se tire
un rideau se referme -
c’est déjà la nuit.
D'autres textes sur l'image ici HERBIER DE POESIES
| Récréanote Adamante |
cœur dans une fleur
mais la chaleur d’un baiser-
parfum volatil
Adamante Donsimoni 15 janvier 2025