Les hauts de Pantin
une femme
elle pleure
soutenue
par un flic
je suis à ma fenêtre
un tel désespoir
cela touche
elle vomit
cela sent la mort
le drame
sans doute
un enfant
qui a mal tourné
Je le saurai plus tard
en écoutant la radio
Pour l’instant
je ne sais rien
je m’interroge
le quartier est verrouillé
la police est partout
pompiers
samu
attendent
les passants s’arrêtent
s’inquiètent
Un hélicoptère
nous observe
à peine s’il bouge
en vrombissant
c’est lui
qui m’a alertée
Un fait divers
« deux hommes en moto
ont descendu un jeune de vingt ans
connu des services de police… »
Je soupire
Ce soir
une mère pleure
victime
désemparée
d’un monde
à la dérive.
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09/08/2013
Fait divers
08/08/2013
La vague
Pour toi
La vague
vague
solitaire
solidaire du flux
roule
s’enroule
lèche le rivage
caresse
rudesse
Elle bouscule
sable
coquillages
brindilles
emporte les tourments
s’éloigne
puis
forte d’un nouvel élan
ressourcée
équanime
rapporte à la rive
la quintessence
de
la
paix.
04/08/2013
M. MANDELA - LE LIVRE
Voici une interview de Paul Dakeyo et Adamante, réalisée par RFÔ
et diffusée le 6 juillet 2013 à l’occasion de la sortie du livre
Monsieur MANDELA
Ed.Panafrika/Silex/Nouvelles du Sud
Un hommage de 51 poètes du monde entier (dont je suis)
à cet homme exceptionnel qui est un exemple
pour l'humanité.
28/06/2013
Le plafond
Enfant je m’endormais en voyageant dans les mots de silence que me chuchotait le bois du plafond.
Chaque soir une nouvelle histoire surgissait et m’emportait dans sa patience de veine au souvenir de sève. Cette respiration de l’arbre était écrite là, sous mes yeux, elle était témoignage pétrifié des strates des saisons. J’y lisais les irrésistibles appels des printemps qui poussent la nature à ascendre, animée de ce désir frénétique de se mêler au ciel ; les stridulations brûlantes des étés qui accompagnent les transformations vibratoires d’un monde de fougue épris d’expériences nouvelles pour expérimenter la touffeur explosive des orages puis les langueurs assouvies qui y succédaient ; la plénitude des automnes accomplis, monarques des lumières et des saveurs, souverains avertis parés d’or et de rouille ; l’alchimie des hivers méditants et cavernicoles, dont le moindre souffle est avancée -infime mais péremptoire, vers la liberté des surfaces allongées au grand jour-, traversée des ténèbres, initiation des feux descendus de l’éther lutter contre les eaux et ressortir vainqueur, ressourcé et neuf pour recommencer le cycle diurne des transformations.
Je comprenais à lire ce ciel de ma chambre que tous les Êtres, qu’ils soient de chair et de sang, de racines et de branches, portaient en eux les stigmates de ces forces qui les inscrivent dans le grand cercle de la vie.
Et ces histoires, ces épopées, naïves ou enchantées, qui m’emportaient chaque soir vers les rives du sommeil, n’étaient rien d’autre, -avec des personnages différents-, que l’expression de ces forces, une représentation de ce cercle, que me racontait le plafond.
Il n’était aucun signe, aucun visage qu’il me montrait qui échappa à la règle. Si je n’en étais pas consciente alors, je savais que moi-même, en passant de la veille au sommeil, de mon matin à ma nuit, je ne faisais qu’accomplir ce cycle, en plus petit, en plus modeste, qui est le lot de tout ce qui vit et vibre.
Je pressentais que la mort avait sa place dans cette nuit, dans cette traversée des ténèbres, dans cette célébration d’un rite initiatique et confondant. Je pressentais que cette mort ne pouvait être que l’abandon de la lutte du feu contre l’eau redevenue souveraine, reprenant son bien, l’emportant vers un ailleurs qui nous interroge.
Je craignais pourtant que cette initiation d’un sommeil, similaire à ceux qui m’emportaient chaque soir, ne débouchât pour moi sur une nouvelle naissance, m’échouant sur une autre rive, un autre monde, où peut-être un hiver accouche d’un printemps pour poursuivre ce rite incessant des transformations et des engendrements.
Je ressentais cette crainte d’abandonner, de perdre, ceux qui m’accompagnaient ici et que chaque matin me faisait retrouver, soulagée.
Chaque soir me voyait m’aliter en espérant, sans y croire, une éternité de la vie telle que je la vivais le jour.
Mais le plafond fascinateur l’emportait toujours sur ma crainte et je plongeais, sans même m’en apercevoir dans ce sommeil si riche en questions restées sans réponses.
©Adamante
Un livre dans lequel je suis publiée
Un article qui en parle
06/06/2013
Kayapos
Kayaposun peupled’eau et de forêtla terremèreKayaposcontre le barrage*contre les barragesKayaposceluiqui nourrit son corpsdu venin des guêpesKayaposceluiqui ne craint pasle venin des hommesKayaposattaque le nidpiqûres des guêpesdardsetdouleurfatigueetcouragerésisterprotéger la rivièrecontre le veninplus de paressedans le corpsrésisterse battrevaincrefaire barrageau barrage*aux barragesKayaposla nuitla lune se marbrede l’ombredes feuillesKayaposla forêtla nuitla voix de l’EspritKayapossauver la rivièrepour protégerla forêtdu mondede l’indifférence généraledu pillagede la destructionKayaposceluiqui nourrit son corpsdu venin des guêpesKayaposceluiqui ne craint pasle venin des hommesKayaposcontre les barragesKayaposcelui qui montreau mondele chemindes hommesle chemind’hommele cheminde l’hommecelui de la vie.©Adamante*le barrage de Belo Monte au Brésil
07/05/2013
L'oiseleur du temps - Jacques Lacarrière
Spectacle basé sur les textes de Jacques Lacarrière
rythmé par la rencontre d'instruments de musiques de deux mondes
La vie et l'écriture. L'amour et l'écriture. L'ailleurs et l'écriture.
Pas d'ambition. Pas de concessions. Peu d'argent. Beaucoup d'amour. Beaucoup d'amis. Pas de calculs.
Refus des gloires enviées. Des itinéraires préparés. Des chemins publics. Des compromissions. Des institutions.
Écrire seulement pour être. Pour s'engager. Vers les autres. Avec les autres. Écrire pour dériver de l'homme ancien. Écrire pour dériver vers l'homme à naître. Rien d'autre.
Sourates, Ed. Fayard
01/05/2013
Paroles de Source
Les cordes
trop tendues
de ton esprit
grincent
pression répétitive
infernale
d’un archer fou
qui t’envahit de ses discordances.
Pas de repos
pas d’éclaircie
la solitude
le dégoût des non dits
des mensonges
des médisances
du mépris…
Prise dans ce tumulte
ballottée d’espace désaccordé
dans ce trouble de l’éther
ne sombre pas !
Ne cède pas
aux désillusions
aux attentes
aux rancœurs
tout cela n’est que mensonge.
Regarde vers l’azur
n’importe quel azur
pourvu qu’il soit silence
pourvu qu’il soit paix
pourvu qu’il soit eau
surface plane
reflétant un ciel neutre.
Tu dois t’extraire du monde
ne pas t’avilir à attendre
résister par l’abandon
confiant
à l’indéfini.
Jamais rien ne viendra
jamais
que de toi.
Tu es ta propre source
ton unique source
en toi réside l’infini
en toi réside ce plein
que d’aucuns
parfois
vampirisent
te laissant
seule
épuisée
avant même que tu en prennes conscience.
Relâche !
Il ne sert à rien de tenir
Relâche !
Il ne sert à rien de te plaindre.
L’instant emporte
toujours
avec lui
l’instant d’avant.
Ainsi il te libère.
Ne prolonge pas celui du trouble.
Relâche !
Et si tu parles
parle de soleil
d’espoir
de joie
de tendresse
Que tes mots soient purs
libres de tout passé
neufs
toujours renouvelés.
N’oublie pas
tu crées
par eux
par tes pensées
par tes silences.
Relâche !
Ton chemin
plus que tout autre
est solitaire
sans chapelle
sans rail
sans tracé apparent.
Au plus fort de la tourmente
par la vertu
de ces quelques mots égrainés
tu retrouves ta route.
Un sourire naissant te l’indique.
Aie confiance
là est ta place.
©Adamante
21/04/2013
Le désert et l'oubli
Oublier... ne rien attendre... Oublier... ne rien attendre... Oublier... ne rien attendre...
L’espace
infini
du désert
simple
et
beau
rémanence
d’un air
En frémissant
les mots pulsent
s’évadent
rejoignent l’infini
se dissolvent
ne reste alors
que le rien
sans voix
total
Qu’il est doux
de s’y perdre
et d’oublier
tout
jusqu’à soi-même.
©Adamante
12/04/2013
La beauté du Mont Lu
Je n’ai pas eu l’occasion de visiter le mont Lu lors de mon voyage en Chine, mais je me suis si souvent sentie en phase avec la montagne dans mes méditations et j'ai si souvent pratiqué le qi-gong en faisant appel à son esprit, que j’ai envie de tenter une expérience.
Je ferme les yeux, je tente d’imaginer le mont Lu, d’entrer en contact avec lui.
Ce n’est pas une image qui m’arrive mais une force que je sens rayonner jusqu’à moi.
Je suis récipiendaire d’un mystère qui m’envahit et, sans m’effacer, me donne une impression d’immensité.
Il me semble contenir l’univers tout entier, mais je continue de me percevoir dans ma dimension ordinaire et ce savoir de moi, cette dimension habituellement limitée, semble pourtant contenir l’infini.
Il me semble contenir l’univers tout entier, mais je continue de me percevoir dans ma dimension ordinaire et ce savoir de moi, cette dimension habituellement limitée, semble pourtant contenir l’infini.
Une image me vient à l’esprit : je suis un cercle, limité dans l’espace, qui contient le point, l’infini, et mon individualité, sans perdre la notion de son identité propre, pourtant si petite, absorbe et contient celle de l’immensité.
Je fais l’expérience, l’espace d’un instant, d’une forme d’identité universelle, j'expérimente que la limite ordinairement suggérée par le corps n’est qu’un leurre, que mon corps est là pour appréhender les expressions du Tout.
En expérimentant cette force mystérieuse de la beauté du mont Lu j’expérimente la vacuité. Car c’est bien de la vacuité dont il s’agit, il n’est pas de mot plus juste, la vacuité force de cohésion naturelle.
Et j’en arrive à espérer que si quelqu’un pense à moi à cet instant, il puisse percevoir à son tour, cette force de cohésion qui lie les parcelles du Tout au Tout, « les petits ruisseaux font les grandes rivières ».
J’en déduis que c’est sans doute là que réside l’espoir de l’humanité car cette fascination née de l’évocation de la beauté, cette plénitude qui en découle, cette expérience de l’infini en soi, c’est l’amour.
Seul l’amour, parce qu’il est la force la plus puissante du monde a capacité de sauver le monde de la destruction.
Seul l’amour, parce qu’il est la force la plus puissante du monde a capacité de sauver le monde de la destruction.
Je pense au mont Lu
Sensation d’immensité
Amour infini.
09/04/2013
La paix du printemps
©Adamante - Dépôt SACEM avril 2012Je marchais dans le jardin, libérée de l’hiver et saluant le soleil,observant autour de moi la construction des nids.Une aile blancheà peine un frémissementlà, dans le reflet de l’eauet dans le vent du printempsla neige des cerisiersUn souffle d’air dans mes cheveux me redonnait la sensation de vivre,je m’éveillais, m’émerveillais comme une enfant en découverte.Quelques pas légersles verts tendres du chemintous ces chants d’oiseauxet cette blancheur si purem’emportaient loin de la ville.J’oubliais alors, la misère, l’injustice, la violence, les promesses jamais tenues d’un monde à la dérive.Je goûtais la paix.
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