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10/02/2017

L’enseignement de la mer

 

Le trait s’envole, fait rouler les vagues par la force et le talent d’un maître.
Hugo n’est pas loin qui tempête la page. L’obscur exprime  ici, si proche du rivage, le fond des gouffres.
Nous plongeons dans les abysses d’une âme tourmentée de houle, grinçante à force de s’adapter. Le voilier épouse la vague, apprivoise les vents, gémit et, en petit soldat fidèle à la vie, avance.

La difficulté
de chacun de nos destins ?
accepter les changements

se reconnaître de l’eau
maîtriser la liberté

Rien jamais, en nul lieu, ne reste figé. La mer est un enseignement qui s’offre dans l’accueil au regard des voyageurs intemporels. Ce qui s’agite ici s’agite en moi. Ce qui souffre et se plaint, ce qui lutte et se donne, c’est un cœur sans attache, ouvert sur l’inconnu.

            ©Adamante Donsimoni (sacem)



 








07/02/2017

Aphorismes etc. Un




Dans le grand parc de la ville embrassé de brume : les immeubles, tels des châteaux de légendes dissimulés par les arbres. Je glisse vers un monde parallèle où tout est parfait.
Ah, le joli conte !

1er juin 2016




Image d’un chat, calligraphie en noir et bleu, croisée au hasard du web.
Chat sage et ciel bleu
l'infinie méditation
un regard d'oubli

nul désir de s'agiter
la paix se prend, silence.

7 février 2017
 ©Adamante Donsimoni (Sacem)




04/02/2017

De fleurs, d’herbes et de ciel




Je suis le chemin des fleurs jusqu’au ciel duveteux. Chemin des framboisiers qui dépassaient la tête de l’enfant aux yeux pleins de cette lumière des choses du bonheur. Pas de vent, pas de tempête, aucune menace, sous ce ciel de joie où fuse un oiseau, mi-ange, mi-dragon. Les couleurs s’enchantent et dansent vers l’horizon leur mélodie de nature.

Le chant des herbes
une débauche de verts
caresse les fleurs

Le murmure de l’eau nourricière fait reverdir la terre. L’eau, toujours attentive à dispenser la fraîcheur indispensable à la vie est présente partout. Rien pour troubler la paix jaillissante et communicative, ici le temps s’oublie dans la vibration de ce qui est à sa place.

L’instant se donne
à peine un souffle de vie
et le silence

Les liens de l’amour se tissent simplement dans l’absolu schéma de l’épanouissement sans désir ni question. Les parfums s’offrent pour le grand bal de la pollinisation et chacun trouve, agit et s’accepte selon sa nature.

La voix du miel
éperdue de pollen
vibre à l’infini

Chaque chose, chaque être profite de l’instant offert sans penser ni à hier ni à demain, il n’est aucune place pour l’inutile. La vie s’offre dans la vibration de l’essentiel, on la reçoit, l’accueillir est la seule voie vers la liberté.

©Adamante Donsimoni (sacem)




26/01/2017

Le cercle des spirites disparus




Leurs mains unies sur la table, appelant l’esprit caché dans le bois, ils se concentrent. La nuit vibre alentour et l’instant se fait lourd. L’heure est au spiritisme.

L’esprit a frappé
il transmet les images
d’un château hanté

La table gémit, la table se secoue, l’esprit, qui est bien là, frappe et frappe encore. Un délicieux frisson les traverse. Les voici qui tricotent une sorte de chapelet arboricole teinté des forces des ténèbres, c’est bon comme une nuit sans lune.

L’au-delà rugit
et brusquement, tout cesse
la sidération.

©Adamante Donsimoni (sacem)
 







une œuvre de Victor Hugo (BNF)




11/01/2017

Transformer le monde !


Je lis un haïku sur le chant d’un oiseau. Il y a tant de trilles dans mon temple intérieur. Mais quel silence à cet instant autour de moi. Je tends l’oreille, mutisme des gosiers, seul le passage discret de quelques voitures, comme mues par le désir de passer inaperçues, interrompt la torpeur matinale. L’instant se transforme  en un autre au rythme, celui de mes exhalaisons. Je suis, je vis, aventure d’un caméléon qui crapahute dans l’espace-temps, au fond l’important c’est la couleur, l’idée me fait sourire. Ce mimétisme équivaut au silence quand on a conscience que les mots et l’agitation ne sont que fatigue et perte de temps. Le jeu est bien trop prenant pour qu’on s’y laisse prendre, s’en extraire avec élégance et sans hargne, voilà le fin du fin. Dans ce monde déboussolé que certains veulent détruire et d’autres sauver il y a encore des espaces de paix sur l’échiquier de la vie. Et je suis d’accord avec Sylvain Tesson pour dire la vanité des uns et des autres, leur crédulité, nous ne sommes pas là pour transformer le monde mais pour être transformés par lui.

©Adamante Donsimoni (sacem)







06/01/2017

Dernière représentation


Dernière représentation
au jardin
les herbes s’agenouillent
craquèlement de rouille
les feuilles
striptease des pommiers
un esprit solitaire
prend un dernier bain de soleil
méditation d’humus
une porte va se refermer
abandon d’aujourd’hui
distance vers demain
hier n’est plus
le magicien du temps
touche et transforme tout
l’instant n’a aucune mémoire.

©Adamante Donsimoni (sacem)








 

27/12/2016

Mes vœux pour 2017






HI K'ANG

Le chevalier est étranger à notre monde;
Spontanément il se nourrit de nuées roses,
Son corps libre de liens révèle un dieu caché,
Et sa parole atteste un génie recueilli.

Dans la foule, il combat les opinions communes;
Il cherche la montagne, ami des solitaires.
Les plumes du phénix se brisent quelquefois;
mais qui pourrait dompter une âme de dragon ?

Yen Yen-tche (384-456 dynastie Song)
Anthologie de la poésie chinoise classique.  Gallimard


Se nourrir de nuées roses est une aptitude des immortels (taoïsme)
 

19/12/2016

Emporte-moi


Le manège m’emporte. Tourne, tourne la musique. Je tourne, tourne avec elle. Mes pieds touchent à peine le sol, plus de poids. Je suis avalée par le typhon du ciel. Je quitte les soucis du monde, mon corps s’oublie dans le mouvement. Plus de misère, plus de guerre, plus de viols, plus d’exactions dans le sang, plus d’ennui, plus cette sensation d’impuissance.
Dans le monde, un pays sur deux pratique la torture…
Tourne, tourne la musique. Je tourne, tourne et je vis.
Caresse de la voix portée par les accords, caresse essentielle, salvatrice. Le bleu nuit du ciel m’avale, j’ai quitté la terre. Je tourne comme l’enfant aspiré par l’appel des sphères.
Cette voix… Elle m’emporte si loin.
Qu’elle m’emporte et que je retrouve ce que j’aime, sans forme, mais si vivant, sans forme mais si prégnant.
Mes larmes baignent le feu de ce cœur qui n’a pas réussi à se dessécher.
Emporte-moi au pays de l’oubli, dans l’unique bonheur de tourner parce que tout tourne et que cela est essentiel.
À cet instant, je ne veux rien d’autre que l’oubli.


©Adamante Donsimoni (sacem)
En écoutant Take this waltz de Léonard Cohen









16/12/2016

La maison abandonnée



Les arbres se sont invités sur la terrasse. Le toit laisse passer la pluie. Il n’est plus aucun rire pour égayer les murs, la maison n’a plus rien à protéger.

Les oiseaux de nuit
y ont trouvé refuge
dans le silence

Il fut un temps où le jardin fleurissait de la main de l’homme. Les arbres, spectateurs muets, gardent le souvenir de fêtes estivales où naquirent des histoires d’amour.

Gravés dans le bois
quelques lettres et un cœur
disent le passé

Le vent a brisé les vitres, regard morne des fenêtres éteintes. L’abandon a taché les murs blancs, autrefois resplendissants sous le soleil.

Comme un souffle éteint
l’âme rongée de peine
la maison gémit

Tout revient à la Terre et les pierres patientes attendent ce retour. 


©Adamante (sacem)








10/12/2016

Bien sûr je rêve

Chevaucher le nuage, juste avant l’orage, partir, s’envoler vers l’infini du ciel comme si la terre  m’abandonnait à l’espace, petit point bleu lumineux dans les profondeurs du noir de la nuit étoilée.
Bien sûr je rêve.
En ouvrant les yeux sur les ombres des murs entre lesquels je m’abandonne au sommeil, livrée sans défense à tous les possibles du risque, je sais être en songe et la conséquence d’un rêve. Un rêve qu’un autre, dans une autre dimension peut-être est en train de parcourir.
L’horloge biologique nous oblige à nous abandonner au sommeil. Est-ce pour cela que la nature en son infinie sagacité a créé la nuit pour nous y plonger dès les paupières closes ?
Je n’attends pas de réponse. Il est en moi une profondeur qui ressemble à la nuit dans laquelle je tends à m’enfoncer pour trouver cette joie si paisible à laquelle j’aspire depuis le premier cri. L’abandon m’est devenu une seconde nature, ou peut-être la première, ma nature originelle, celle oubliée une fois la première goulée d’air avalée.
La musique parfois nous convie à ce voyage et des voix nous y projettent. La palpitation des baffles, quand la membrane se gonfle et m’envoie ses vibrations au centre de la poitrine, me mets en un état second. Je reçois de toutes les fibres de mon corps et mes poumons font de moi une chambre d’écho. La voix de la quatrième saison de Léonard Cohen m’envahit jusqu’à ces profondeurs qu’il vient juste de rejoindre. Avec elle j’oublie tout ce qui n’est pas abandon. Je plonge dans cette douceur d’ombre prégnante parcourue d’ondes, c’est l’amour.
La contrebasse rythme ma descente. Les nuages me portent jusqu’aux profondeurs stellaires épanouies tout au fond de moi.

Tout au fond
l’infini
la vie
silence et paix
le vent
libre
le vent et moi
voguant sur les nuages. 


©Adamante Donsimoni (sacem)