La Terre ce matinL'eauLes pleursLe Ciel ce matinLumière et joieLeonard Cohen est partiLe Grand Océan PrimordialLe WuSans formeSans imageSans nomA repris l'hommeSa voixSon œuvreIciSes mots continuentIls chantentAccompagnent nos viesD'ornières en sommetsDe troubles en transparencesChemin de la roueL'ombre est essentielle pour toucher la lumièreElles se contiennentS'engendrentChemin d'expériencesÉquilibre du juste milieu.Merci Monsieur CohenJe pose à cet endroitPour vousUn ultime sourireEt la vastitude d’un cœurOuvert sur une absenceQui plonge vers la paix.Adamante Donsimoni11 novembre 2016
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11/11/2016
Merci Monsieur Cohen
09/11/2016
Politique reality-show
Dehors des bourrasques torturent les branches encore ornées
de leur feuillage automnal. Les feuilles multicolores sont emportées, croisent
la fenêtre de mon bureau, grimpent plus haut que le toit de l’immeuble,
virevoltent sans regagner le sol plus d’un instant. J’entends la présence du vent par le gémissement des
fenêtres.
Cette nuit, les USA ont élu leur nouveau Président. Le monde
est devenu officiellement le plateau d’une télé réalité où le plus fort en
gueule emporte les suffrages. Voici l’apogée du règne de la communication. L’Europe momifiée s’étonne. Comme il
sont loin des préoccupations des peuples les apparatchiks du pouvoir. Comment
les « sans dents » ont-ils pu en arriver là ?
Eh oui, comment ? Monsieur mon Président, vous si avisé
de protéger le climat du monde et incapable de protéger nos abeilles, nos
vaches, nos poulets de la torture de l’élevage et de l’abattage. Étrange non, craignez-vous soudain que
vos « sans dents », exaspérés
par vos esquives puissent mordre ? Que le chaos orchestré par vos
manques s’abatte sur notre sol ? Mais du chaos naît l’ordre, un monde à
reconstruire. Tout ce qui est en haut se retrouve un jour en bas et la roue
tourne.
Les nuages courent vers l’Est, charroi d’ombre et de
lumière. Vont-ils eux aussi, émigrés d’un ciel en crise, vers un hypothétique Eldorado qui les rejettera sans une
hésitation ? Certains ayant
craché leurs eaux en chemins auront disparu une fois la tempête calmée.
L’analyse et la réflexion ne sont plus de mode au monde des
médias et de la politique spectacle. Comment la pensée pourrait-elle suivre à
ce rythme infernal, si rapide ?
« Les pensées pour moi-même » de Marc Aurèle sont
de la bibliothèque du passé, bien trop lent !
Ce midi, la télé nous a montré des traders, visage inquiet,
défait. J’y ai vu l’image de parasites jamais rassasiés du monde. Ceux qui
produisent les vraies richesses ne sont pas invités au festin, ils sont les
proies. Les moutons dont le berger tire la laine.
Il faut bien se raccrocher aux branches quand tout fou le camp !
Les religieux reprennent « du poil de la bête » comme l’aurait dit
Prévert. Le « bien penser » est de nouveau de rigueur. L’image,
toujours l’image, celle que l’on donne à voir. Le masque se contrefiche de la
réalité.
Quelque part dans l’histoire, une vierge enfante d’un Dieu, puissance
du pouvoir de l’esprit contre le sexe féminin. Comment la femme, ce sexe honnis,
souillée, aurait-elle pu accoucher d’un Dieu ? Ah si les hommes pouvaient
se reproduire entre eux…
Ailleurs un prophète, consomme un mariage avec une gamine de
neuf ans épousée à six.
Ô le joli monde ! Le bel exemple ! La belle vie !
On se demande parfois si l’on n’aurait pas préféré de naître
salade !
Le vent s’est radouci, plus de feuilles pour me saluer à la
fenêtre. Mes mots, comme elles, retombent sur la ligne, inutiles et fatigués de
tant de profonde bêtise.
Adamante ©Sacem
9 novembre 2016
06/11/2016
La nuit ensorcelée
Il
joue du violon
la
musique file vers la lune
Dans
la nuit bleue
il
s’envole
avec
les oiseaux
au-dessus
des toits bleus
des
maisons éteintes
ensorcelées
de sommeil
L’amour
agite l’archet
l’âme
du violon tribal
s’enchante
il
fait naître la vie
il
fait naître des fleurs
pour
Elle
semblable
à la lune
pour
Elle
qu’on
ne voit pas
pour
Elle
qui
rêve
tout
en bas
-dans
une maison
bleue
assoupie
dans la nuit
bleue
du
violoniste
amoureux-
du
baiser
rubis
de
ses lèvres
sombres
qu’un
oiseau-note
messager
du désir frémissant
de
l’être aimé
déposera
en
un souffle
sur
ses lèvres
offertes
Un
vrai baiser d’amour
qui
la réveillera
Mais
elle gardera
les
yeux clos
pour
faire durer un peu
ce
sentiment de fête
enivrée
dans sa nuit
au
contact
de
cette bouche
tant
désirée.
Adamante (sacem)
30/10/2016
Coucher de soleil hivernal sur la ville
Un ciel d’acier ce soir. Un nuage allonge son bras inutile vers un but incertain. Tout bouge en ce domaine même si à cet instant tout semble immobile.
Un dragon au repos paraît contempler un immeuble aveugle et chagrin. Imperceptiblement, le bras a disparu pour lui faire place tandis que la lumière décline sur l’horizon brouillé.
Le froid s’installe. Assise à mon bureau, sans bouger que les mains, je perçois son embrassement glacé, je frissonne.
Là-haut, le dragon ouvre une gueule immense comme pour avaler les derniers éclats du jour. Son corps reptilien se désagrège alors qu’un gigantesque requin, absent jusque-là, lui fait face, prêt semble-t-il à l’engloutir. L’eau et le feu vont-ils se livrer une ultime bataille ? Non, pas ce soir ! Le peintre du couchant se reprend, il ne veut pas d’un tableau figuratif.
Quelques traits, quelques lignes. À grands coups de couteau, une matière épaisse, obscure, exprime des formes géométriques sur le fond de lumière de plus en plus diffuse. L’impression est glaciale.
Il suffit que je quitte la toile des yeux un instant pour qu’elle se transforme. Désormais, l’horizon du Sud, d’un bleu frisant le noir, phagocyte la ville. La lumière de la coupole métallique hésite encore à le suivre, sa grisaille flirte avec un souvenir de jaune sans se décider à l’exprimer.
À l’Ouest, une trouée blondasse et brumeuse s’obstine, s’accroche à la masse ténébreuse d’où toute interprétation à disparue.
La nuit s’installe.
L’heure n’est plus à l’interprétation mais au rêve.
© Adamante (sacem)
28/10/2016
Portrait miroir, regard de sphinx
Vertige d’un regard porteur de vérité où le monde
s’anéantit, où la pureté de l’être, la fraîcheur de l’enfant gardien du temple
annihile tous les désespoirs, gomme tous les refus, désamorce toutes les
guerres.
La colombe n’est plus qu’une tache blanche sur la toile,
éclat de lumière libéré de la forme.
Le geste d’une pensée s’envole et nous rejoint,
questionnant. Peut-on lire un reproche dans la symbolique des formes du tracé
d’un regard ou, plissant les yeux, une immense tendresse ?
Dans son
immobilité apparente, la vie bouillonne d’un monde où tous les devenirs sont
possibles. C’est à nous, spectateur, voyeur, inquisiteur, mais surtout
impétrant de le traduire par la voix juste, de créer en toute responsabilité ce
qui nous doit advenir. Portrait miroir, regard du sphinx, celui qui doute
chavire. Il chancelle, disparaît. Pour avancer, il nous faut repousser la
terreur au bout de la nuit, nous affermir dans la pureté de l’âme telle une
goutte d’eau enceinte du soleil.
« Passe, tu es pur !* »
S’élèvera-t-elle cette voix des « Formes
d’Éternité ?*» Ouvrira-t-elle
la voie au « lumineux d’aujourd’hui enfanté par hier ?*» S’il
passe, il acquiert le pouvoir de donner la vie, la possibilité de poursuivre
son chemin vers une autre porte pour déboucher un jour, fondu dans les
formes divines, dans les champs de l’infini indéfini.
Le chemin des initiés se lit dans un regard d’enfant.
©Adamante (sacem)
*En référence au merveilleux livre désormais introuvable : « La toute
puissance de l’adepte » de J.Ch. Mardrus, traduction et exégèses des hauts
textes initiatiques de l’Égypte ancienne.Sur un tableau d'Arnaud Bouchet
pour la communauté l'Herbier de poésies
21/10/2016
La petite rose rouge
Tache de sang
sur le rire des herbes
que la lumière éclabousse.
Elle rêvait d’un métier où glisseraient entre les fils de trame les
mains expertes d’un lissier.
Fille d’une bouture oubliée,
elle était éclose dans le massif où dominaient des rosiers de haute lisse. Elle
s’épanouissait timidement, avec des allures de bouton avorté. Mais elle était
tellement attirée par la lumière qu’elle avait décidé de devenir fleur. Passé
sa première nuit, surprise : elle incarnait la perfection en miniature.
Des pétales jaunes, blanchis
par le temps, étaient venus s’échouer à ses pieds, offrant à sa beauté un tapis
de lumière.
Je m’étais arrêtée, je
m’étais accroupie et, dans le silence de nos âmes, je l’avais accueillie. Puis,
sachant la durée éphémère de sa vie, je l’avais « immortalisée »,
tout au moins le temps de ma propre durée, car il n’est aucune photo pouvant
immortaliser sa prise.
Bien après qu’elle eut
disparu, en regardant son image parmi la moisson de l’été, j’ai senti vibrer en
moi l’écho de sa courte vie. Elle me parlait encore, elle vivait là, quelque
part en moi. Alors, répondant à son appel, je me suis emparée de ses formes, de
ses couleurs, j’ai tenté, avec mes modestes moyens, mais avec toute la force de
mon âme, de satisfaire son attente : elle rêvait d’un métier où
glisseraient, entre les fils de trame, les mains expertes d’un lissier.
J’en ai fait une image à la
façon des cartonniers* et son rêve est devenu mon rêve.
Qui sait, un jour, un lissier* la regardant lui offrira un
ultime hommage, une place entre les fils de trame de son métier où glisseront
ses mains expertes.
©Adamante (sacem)
*termes utilisés à Aubusson, capitale mondiale de la
tapisserie où j’ai appris à dessiner.
14/10/2016
Un soir au bord de l'étang
À la tombée du soir mangé de nuages, quelques ombres tremblantes se noient dans l’étang.
Des branches fantomatiques semblent surgir de ses eaux bouillonnantes et glacées qui phagocytent les dernières lueurs du jour. Des monstres sommeillent dans leur lit d’algues et de vase. Dès la nuit, ils s’éveillent et, revêtus de brume, disposent leurs filets d’angoisse et de terreurs dans la profondeur des eaux troubles. Sous la clarté lunaire, on voit les berges se couvrir de linceuls, un frisson d’épouvante court sur les herbes. Ici une autre vie, sans chaleur et sans pulsation, est à l’affût. On prend la fuite, il n’est pas l’heure, on s’empresse de retrouver lumières artificielles et bruits qui rassurent. On tire le voile, on parle haut, tellement heureux d’être encore vivant.
©Adamante (sacem)
Des branches fantomatiques semblent surgir de ses eaux bouillonnantes et glacées qui phagocytent les dernières lueurs du jour. Des monstres sommeillent dans leur lit d’algues et de vase. Dès la nuit, ils s’éveillent et, revêtus de brume, disposent leurs filets d’angoisse et de terreurs dans la profondeur des eaux troubles. Sous la clarté lunaire, on voit les berges se couvrir de linceuls, un frisson d’épouvante court sur les herbes. Ici une autre vie, sans chaleur et sans pulsation, est à l’affût. On prend la fuite, il n’est pas l’heure, on s’empresse de retrouver lumières artificielles et bruits qui rassurent. On tire le voile, on parle haut, tellement heureux d’être encore vivant.
©Adamante (sacem)
08/10/2016
Étincelle d’espoir
L’homme, à l’entrée de la grotte,
terrifié par la lumière, dispute. L’inconnu est indésirable, la différence
exclusion. Ce qui est doit être ce que l’on connaît, ce que l’on croit connaître,
ce que l’on dit être, ce que l’on érige en vérité indiscutable. La réflexion,
l’analyse, la compassion n’ont nulle place ici, le gouffre les avale, les
digère, les anéantit. Vérité du cloaque où l’humain patauge empêtré de
croyances et de certitudes. Face à ses dogmes, la liberté est un blasphème.
Scientifiques ou religieuses, que
de certitudes s’effondrent avec le temps, avec l’émergence de nouveaux regards,
de nouvelles voix. « Le premier qui dit la vérité doit être
exécuté… » Oui, la parole a un prix, celui du courage. Il en faut pour
vaincre l’immobilisme. On est si bien parmi les ombres de sa caverne, on les
connaît, on les a domestiquées, on ne veut pas s’en trouver de nouvelles. Sur
ce chemin de l’humain, qui va de la naissance à la mort, qu’il est doux de
penser qu’une quelconque sécurité existe. La seule certitude est qu’une telle
chose est un leurre. On pourra toujours cliver notre monde en espèces, en
couleurs, en sexes afin de se donner l’illusion de dominer, tout au moins une
partie, on ne pourra empêcher que la nature, qui préside à toutes destinées,
est seule maîtresse à bord et qu’elle seule domine.
Ce qu’elle crée est Un, ce que
nous sommes est un Un qui exprime, par choix ou par réponse à une nécessité
d’équilibre de l’espèce, une possibilité parmi toutes les possibilités qui lui
sont offertes en naissant. La différence est inconnue du noyau, il contient
tout. La forme n’est juste qu’une question d’hormones.
Marcheront-ils un jour vers la
lumière ces humains aux yeux voilés ?
Répondront-ils un jour à ce désir
de retrouver l’étincelle qui brille en eux ? En prendront-ils le risque ?
Car, enseignement du Popol Vuh, qu’il me plaît de penser juste : les
Hommes garderaient au fond des yeux l’instant où ils étaient des dieux.
©Adamante (sacem)
05/10/2016
Les petits pieds
Quelle douceur ce jour ! Le Dieu Soleil chevauche avec tendresse le vent qui me chuchote ses histoires vertes. Personne mieux que lui ne peut me faire rêver si loin.
Quand je ferme les yeux pour mieux voir, il me révèle le rire léger de la cascade. Elle est toujours là, qui danse, si joyeuse, tout en haut du parc, en lisière de la forêt interdite. Forêt plus sombre et plus inquiétante que jamais. C’est l’inconnu qui s’y cache, rivé à la terre par les terribles racines tentaculaires de ce monstre antédiluvien, que je soupçonne toujours à l’affût, tapi au fond de mes terreurs enfantines.
Je ne franchirai pas la frontière, pas plus aujourd’hui qu’hier, j’ai toujours dirigé mes pas vers la lumière, je n’ai aucun attrait pour les ténèbres.
La mousse frissonne sous mes pieds nus, à cinq ans, ils sont si petits.
Depuis ils ont grandi, mais ce sorcier de vent me rappelle qu’il y avait là « le petit pied à Papa » et « le petit pied à Maman ».
C’est ainsi qu’ils les avaient nommés et se les étaient partagés. Le gauche, à Papa, le droit, à Maman. Répartition toute naturelle quant, au matin, je me glissais entre eux deux, dans leur lit, pour les réveiller. Le rituel était immuable, à gauche je sentais la main longue et fine de mon père enserrer mon pied gauche tandis qu’il s’écriait : « le petit pied à papa !» À droite, celle plus menue de ma mère accordait sa chaleur à mon pied droit en s’écriant : « le petit pied à maman ! ». Et ce n’était plus que rires.
Quelle merveilleuse façon de commencer une journée ils m’offraient là. Comme nous étions heureux !
Et voilà que maintenant, par la voix de ce sorcier de vent, je sens la présence de leurs mains sur mes pieds, si petits, si épanouis.
Oui ! Quelle douceur ce jour !
C’est parce que le Dieu Soleil le chevauche avec tendresse que le vent me chuchote mon histoire.
©Adamante (sacem)
le 10 avril 2014
05/07/2016
Conscience
À l’heure où les étoiles font
descendre les rêves jusqu’au lit des enfants, le sage tend l’oreille vers
l’espace.
Perplexe il s’interroge sur la finalité du monde.
Sa grande main
exprime un désarroi aussi profond que le vide après la douleur.
Venue du fond de sa
conscience, comme une fée jaillissant de son âme et prenant forme juste pour
lui, une voix lui murmure qu’il lui faut accueillir sans juger ni désespérer.
Alors ses yeux se voilent, il se retire dans l’infini de la compassion, au-delà
des sentiments qui bouleversent l’humanité.
Texte et recherche picturale "sans titre"
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