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31/03/2013

Quand se lève la tempête


La fenêtre entrouverte, 
je regarde la mer. 
Je voyage
ma main 
sur le bois 
rugueux 
de la vitre
dont la peinture écaillée
ne compte plus son âge.
Au loin 
un phare 
lance ses éclairs 
comme un appel
un cri
dans la nuit.
Une solive craque
le passé se réveille. 
Je « m’ensonge » 
comme le disait Jacques Lacarrière, 
je passe les portes du temps, 
je pénètre un secret de murs, 
de vieilles pierres
dedans
des soupirs s’exhalent du parquet
tout un peuple prend vie
venu de l’ombre
dehors le vent le lève
de puissants nuages noirs menacent 
la mer se gonfle
prête au combat
et je me demande
je me demande
depuis qu’est née cette maison
qui domine la mer
combien
comme moi
un soir 
dans la solitude
le cœur pesant
concassé de chagrin
ont regardé l’horizon
et senti soudain
une présence
la présence
de tous ces absents
qui regardèrent
un soir
se lever la tempête
ainsi que je le fais
la main posée 
sur le bois de la fenêtre…
Absents
dont un jour
je le sais
je serai.

8 commentaires:

  1. Des mots qui vibrent au rythme du ressac emportant dans ses embruns les milliers de soupirs des absents...

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    1. Est-ce l'âme de la Bretagne qui s'exprime ici, avec sa force si particulière ? Merci Marie.

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  2. Et le silence, à l'écoute du vent qui distille leur chant. Amitié Ada

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    1. Là, avec cette suite au commentaire de Marie, c'est vraiment l'âme de la Bretagne qui s'exprime et je ne peux pas me tromper. Mon amitié.

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  3. bonjour,
    simplement quelques phrases :
    Tes mots sont si jolis
    Qu'ils semblent infinis
    Oui! je reviendrai ici
    Pour y participer, moi aussi.
    je te souhaite une bonne journée et toujours le plaisir d'écrire
    Françoise


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    1. Merci Françoise pour ces quelques rimes amicales, alors à très bientôt.

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  4. Absence pour un bien
    Absence pour un rien
    Absence d'un lien
    Absence d'un mien
    Nuance de l'absence
    Absence sans nuance
    Quand l'absence te tient
    Imagine que l'absent revient
    Qu'il te prend par la main
    Te montre le chemin
    Que tout est bien !

    Et si l'absence devenait présence ?
    Il n'y aurait plus de manque
    Et de nouveau un sens
    Les mots auraient-ils été écrits pour rien ?

    ABC

    Publié dans "Jardin des mots"

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    1. Bonsoir Annick et un immense merci pour ce poème. Belle soirée.

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