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30/06/2017

Allée des pas perdus…



 
Allée des pas perdus… ça pour l’être ils le sont ! L’esprit un peu rêveur on baguenaude sans voir dans un entre deux sans durée où le regard se berce de nature.  Vertu des grands espaces,

les pieds sont ici,
et la tête est ailleurs
on ne sait plus trop

Mais, ici ou là, quelle importance ! Comblé de ce rien qu’est l’instant, on se donne aux doigts de la brise pour ressentir la vie, respirer, s’imprégner du paradis qui frémit, là, juste sous votre peau.  Et puis soudain,

au pied d’un hêtre,
couché entre deux racines,
un nouveau-né

allongé dans la mousse
il tète encore sa mère

Cette apparition c’est l’offrande de la Terre pour fêter le prodige de votre abandon. L’arbre complice vous a ensorcelé. L’enfant du hêtre s’offre et pénètre votre immobilité de sa palpitation végétale.  Alors résonne en vous ce bruit de succion intemporel qui vous accompagne depuis la nuit des temps, à chacun de vos pas.

               ©Adamante Donsimoni (sacem)

image Françoise Isabel






4 commentaires:

  1. L'enfant de l'Hêtre parle à celui qui sait l'entendre.

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  2. Dans cette allée on en devine des choses... seul le poète comme on dit, merci Adamante, bel été @+ bises

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  3. Au pied du hêtre, entendre le bruit intemporel de succion, c'est entendre bruire la vie. Alors seulement on peut deviner l'enfant endormi.
    Et voilà, comment Adamante aucun pas n'est perdu.

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  4. Nul doute que nous sommes tous un peu -beaucoup- les enfants des arbres et celui-ci est magnifique.
    Très beau texte, Adamante.
    Passe une douce journée.

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