LE CHANT DU SOUFFLE
Poésies, chant du souffle, méditations poétiques
31/12/2025
30/12/2025
Métamorphose et rêvasserie
| Photo de Françoise Isabel |
Métamorphose et rêvasserie
Près de lui, se découpant sur le ciel bariolé de trainées roses, oranges et jaunes au déclin du soleil, le résineux, un pin pleureur de l’Himalaya semble-t-il, paraît comme toujours vouloir s’arracher du sol pour aller se planter plus loin. Rencontrera-t-il jamais « le déménageur de forêt » de André Hardelet qui, une nuit, sans faire de bruit, viendrait satisfaire son désir ? À peine gommé du paysage, déjà oublié, il laisserait l’observateur perplexe de n’avoir pas fait plus attention à ce qui était là la veille. Mais quoi ?
J’en suis là de mes réflexions lorsque soudain ma vue se trouble. Une table s’invite au beau milieu de la cour, paquet cadeau avec ruban, parasol, verres et revue avec la photo du père Noël. D’autres petites choses inconnues diaprées de lumières colorées se superposent à l’image. Où se cache donc la réalité, cette dimension sans surprise et rassurante ?
métamorphose
il n’est aucun paysage figé-
distraction
Haïbun -28 décembre 2025 - ©SACEM
Adamante Donsimoni
| Œuvre : METAMORPHOSE ET REVASSERIE ISWC : T-337.519.586.7 | |
D'autres textes sur L'HERBIER DE POESIES P. 252
08/12/2025
L’arche de la forêt
| Photo de CAMILLE - via Livia - |
L’arche de la forêt
Qu’un éclat de lumière traverse la forêt et mon pas curieusement s’allège. Il semble que les parfums, jusque là endormis, s’éveillent. Les pins s’enchantent, ils libèrent leurs effluves de résine qui s’élancent vers le ciel comme une ode à ses bienfaits.
J’accueille ces senteurs comme on accueille la vie lorsque l’on attend rien et que l’on est ouvert à tout. C’est là la magie sylvestre qui s’exprime au travers du silence. À peine si le léger crissement de mes chaussures sur le tapis forestier évoque ma présence, je me fond dans le décor. Je suis un arbre qui bouge, traversée par l’ardente sève du vivant.
Me voici prête à passer le seuil du réel pour pénétrer le rêve. Je le pressens, il suffirait d’un pas, juste un pas pour que s’accomplisse un miracle. Est-ce une illusion ? l’air tout autour de moi se met alors à vibrer jusqu’à matérialiser une arche rayonnante m’invitant à la franchir.
Une voix au fond de moi murmure : « Suis le chemin, va ! »
Un pas, juste un pas ! Derrière le passé, devant l’inconnu, dans l’instant le désir fou de pénétrer le monde idéal, de réaliser mon conte personnel, d’expérimenter la liberté qu’offre tout saut dans le vide.
Passer la porte ! Avancer en confiance sans attache ni crainte. Un pas, juste un pas.
traversée du miroir
rencontre de l’inconnu
le cœur battant.
Adamante Donsimoni -7 décembre 2025
©musicstart/sacem
Merci de votre visite et de vos commentaires. Adamante
d'autres textes ici : L'HERBIER DE POÉSIES
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26/11/2025
Le geste qui se fait
« Nous sommes des rochers dansants. »
J’aime cette image qui m’évoque ce qu’est de trouver la légèreté dans le poids, la libre circulation énergétique qui ne peut s’exprimer qu’au contact de ce qui est au plus profond de nous quand on ne dirige pas, quand on se laisse s’ouvrir, s’abandonner.
Cette expansion naturelle nous amène à prendre conscience que «je» n’est qu’illusoire, création mensongère, fortification isolante et réductrice, génératrice de mal être et de peurs.
Non ! Ce qui possède la vertu de l’expansion, c’est « nous » car rien ne nous sépare de rien que cette idée que « je » existe. « Je » nous isole mais il n’est qu’un leurre. En prendre conscience c’est trouver cette dimension que nous espérons tous sans pouvoir la nommer, c’est apporter de la fraîcheur dans une pièce confinée en ouvrant grand portes et fenêtres, ce qui libérant la respiration nous libère.
Au travers du geste, rochers dansants, arbres en mouvement, lorsque nous laissons le geste se faire, sans le pousser, sans le forcer, en l’accueillant, nous entrons en communion avec ce qu’il porte. Lorsqu’à cet instant « je » s’oublie dans « nous », nous comprenons alors que nous sommes exactement à notre juste place, que nous sommes récepteurs et transmetteurs de cette vibration primordiale qui anime tout le vivant. Nous comprenons enfin, sans mot mais avec l’expérience, qui nous sommes.
Il n’est rien de plus simple et parfois, il est vrai, rien de plus compliqué que d’aborder cette simplicité. Il faut se laisser le temps, apprendre à lâcher, accepter de ne pas tenir, de laisser faire au lieu de faire, de s’abandonner.
Lorsque cela se produit on s’aperçoit que ce que l’on découvre est tellement plus que ce que l’on pouvait imaginer.
Adamante Donsimoni - 7 octobre 2025 -©sacem/musictart 🙏
10/11/2025
Les passages de la ville
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| tableau : Arnaud Bouchet -Merci Marine- Visiter la page fb d'Arnaud : https://www.facebook.com/arnaud.bouchet |
Les passages de la ville
que de pas inscritscombien de paroles perduesau long du chemin
les passages de la villemurmurent le voyage
Adamante Donsimoni
©musicstart-sacem
Voir la page 250 & 250 bis sur ce tableau ICI HERBIER DE POÉSIES
03/11/2025
La ville, comme un bateau ivre
Merci à Marine pour cette photo d'une œuvre de Arnaud Bouchet. Une pensée pour Lui. 💫 💫 💫 |
La ville, comme un bateau ivre
La ville, comme un bateau ivre de son aventure, se dresse au firmament de nos incohérences. Les quelques voiles gelées d’un vaisseau fantôme, qui hante nos mémoires et les légendes de marins, se dressent vers le ciel comme pour échapper à la glace d’un pôle induré dans leur mémoire.
Tout ici semble se déliter en revenant au port. Le voyage d’Ulysse fut long sans doute avant de retrouver le quai, les lézardes ont buriné la pierre. Les cheveux de Pénélope ont blanchi et tant poussé qu’un tissage arachnéen a englouti la tour, bouché le nez des bâtisses. Tout semble confiné dans cet imbroglio que le temps a pris dans ses filets. Si une cheminée crache encore ses relents de charbon, il semble que ce soit pour obscurcir le ciel. L’enfer a le visage des usines.
Les fenêtres où des astres se sont pendus, se sont perdus, se sont évanouis n’ont plus le désir de s’ouvrir, mais les portes invitent encore à la découverte, il se cache en elles une lueur d’espoir.
Le parfum des embruns pénètrent par leurs ouvertures, il nous raconte ces infinis qui glissent, tels des anges de lumière, sur la ligne d’horizon, que l’on pressent et qui se cache, de l’autre côté, de l’autre côté...
horizon vibrant
sur l’indéfini des formes
une vie cachée
Adamante Donsimoni - 26 octobre 2025
©musicstart/sacem
27/10/2025
La conscience d’être
La conscience d’être
dans la vibrationdans l’essence de la viela conscience d’être
14/10/2025
Nous sommes imparfaits
Pas de regret, pas de mea culpa ! Toute erreur est un pas de plus vers la compréhension, l’écueil nécessaire pour se parfaire, pour lâcher, éviter le jugement intrinsèque au regret.
Qui tend vers la perfection ignore quel est son visage. Elle revêt peut-être la forme de nos rêves parés de nos limites.
Nous sommes imparfaits, c’est à n’en pas douter ce qui est grandiose, sans cela je le crains nous serions inutiles. Mais à quoi ?
Adamante Donsimoni
©sacem-15 août 2025
13/10/2025
Au travers du brouillard
des diamants sont cachés-
la quête du cœur
23/06/2025
Saisir le temps
Saisir le temps
Ils marchaient dans la rue sans regarder autour d’eux, soucieux d’idées occupant leurs esprits agités. Certains sautillaient, oublieux de l’ancrage, stressés, déracinés, fragiles ; d’autres traînaient leurs semelles comme s’ils voulaient en abandonner une partie au bitume, ceux-là sans doute, épuisés par leur vie, eussent voulu ramper, tracer leur chemin en sous-sol pour se faire oublier ; les enfants quant à eux piaillaient en agitant les bras comme pour chasser ces boisseaux d’ombres émanant de l’univers adulte polluant l’espace.
Moi j’observais la rue, j’en captais les moindres détails. C’est alors qu’une femme tirant un lourd caddie, perdue dans ses pensées, et sans doute pressée de regagner son foyer, me frôla. Elle s’excusa. Nous échangeâmes un sourire puis elle s’éloigna.
Cette halte, à moins que ce ne soit ce sourire, m’entraîna dans une dimension parallèle.
Face à moi, sur le mur d’un ancien garage désaffecté, je le vis surgir. Mais qu’était-il ? Je découvrais un cheval à tête de dragon accompagné d’un moine, sans tête, dont le bras semblait lui interdire mon approche. Je percevais la fougue, voire la rage, lorsque je crus entendre claquer les dents de cet étrange destrier, des dents qui semblaient désireuses de dévorer le monde qui était le mien, ce monde arrivé à épuisement à force de destructions, à force de mépris du naturel.
Je restais là, interdite, ne sachant plus où moi-même je me situais. Avais-je passé une frontière interdimensionnelle ? Et cette vibration exaspérée, face à notre comportement irresponsable, n’indiquait-elle pas, plutôt qu’une menace, le désespoir d’une autre forme de vie plus empreinte de sagesse ?
Étrange sensation que de se perdre dans un espace aussi incertain que celui-ci.
Le vrai le faux - le flou
l’indéfini du temps
vérités multiples
au cœur des no man’s land
tout parait si insaisissable.
Adamante Donsimoni
20 juin 2025 ©sacem
L'Herbier de poésies Page 247

